Sylvie Therrien a été congédiée pour avoir dénoncé les quotas fixés aux enquêteurs de l'assurance emploi.

Rude année pour la fonction publique

UN PERSONNAGE: Sylvie Therrien
Le geste commis par Sylvie Therrien, cette ex-fonctionnaire de Service Canada congédiée pour avoir dénoncé les quotas fixés aux enquêteurs de l'assurance emploi, aura marqué l'année 2013. Enquêtrice pour l'assurance emploi à Vancouver, Mme Therrien a dénoncé anonymement à la presse, en janvier, des quotas qui forcent chaque enquêteur à récupérer près de 35 000 $ par mois en prestations. Retracée par Ottawa, elle a été suspendue, puis congédiée. Comble de l'ironie: elle n'a pas droit à l'assurance emploi. Bien qu'elle soit au chômage, Sylvie Therrien ne regrette rien. Elle affirme qu'elle avait le droit, mais également le devoir de dénoncer ces mesures. Mme Therrien peut compter sur la générosité de centaines de Canadiens qui ont contribué à la campagne «Aidons Sylvie Therrien», qui a récolté près de 30 000 $.
<p>L'ancien campus de Nortel.</p>
UN LIEU: Barrhaven et le campus Nortel
Si de nombreux édifices fédéraux ont été construits à Gatineau et dans l'est d'Ottawa ces derniers temps, le gouvernement fédéral a néanmoins accéléré sa ruée vers l'ouest en 2013. L'annonce du déménagement de près de 10 000 emplois de la Défense nationale à l'ancien campus de Nortel, sur l'avenue Carling près de Kanata est prévue en 2014 et s'ajoute à ceux de près de 10 000 postes fédéraux au Pré Tunney et de près de 5 000 employés de la Gendarmerie royale du Canada à Barrhaven. Le tout au grand dam de la classe politique des secteurs Orléans et Gloucester.
UN MOT: essentiel
Ciblés de toutes parts par les conservateurs, les employés de l'État font front commun afin de contester devant les tribunaux la légalité de la loi C-4, adoptée à la mi-décembre. Cette loi porterait selon eux atteinte aux droits des travailleurs, car il donne au Conseil du Trésor la liberté de déterminer ce qui constitue un service essentiel, affectant ainsi le recours au droit de grève pour les fonctionnaires. Ottawa pourrait également forcer le recours à l'arbitrage plutôt qu'à la négociation pour la ratification de certaines conventions collectives. L'Association du barreau canadien a vivement critiqué la nature antidémocratique du projet de loi.
<p>Les diplomates canadiens étaient sans contrat de travail depuis juillet 2011.</p>
UN CHIFFRE: 177
C'est le nombre de jours qu'a duré la grève des diplomates canadiens, ce qui en fait la plus longue grève de l'histoire de la fonction publique fédérale. Au coeur du conflit de travail : les salaires. Pour un travail équivalent, plusieurs membres de l'Association professionnelle des agents du Service extérieur (APASE) recevaient jusqu'à 14 000 $ de moins par année que leurs collègues appartenant à d'autres syndicats. Aucun détail de l'entente n'a été rendu public, bien que le ministre Tony Clement ait indiqué que le règlement correspond aux conditions des autres employés des secteurs privés et publics. Les diplomates étaient sans contrat de travail depuis juillet 2011.
Le président du Conseil du Trésor, Tony Clement.
UNE RÉSOLUTION: «Je me chicanerai moins avec les syndicats»
Même les meilleures familles ont leurs chicanes retentissantes. Celle de la fonction publique fédérale n'échappe pas à la règle. Disons que le patriarche - le président du Conseil du Trésor Tony Clement - n'est pas des plus commodes, s'en prenant, à tort ou à raison, aux conditions de travail des fonctionnaires. En 2014, on souhaite donc à M. Clement et aux 18 syndicats représentant les employés de l'État, non pas de s'entendre - cela semble impossible -, mais à tout le moins de demeurer courtois et de ne pas sombrer dans la démagogie alors qu'ils entreprennent des négociations qui s'annoncent historiques, dans tous les sens du terme. Comme toutes les résolutions, celle-ci risque d'être bien difficile à tenir.