Rua da Emenda, d'Antonio Zambujo

Il rit de toutes ses dents sur la pochette, comme un pied de nez au fado dont Antonio Zambujo est issu, ce chant portugais plutôt versé dans la lamentation et la nostalgie.
À la première écoute, on se demande ce qui est si tordant: l'émotion au bord des lèvres, le chant est plutôt intimiste, la musique ouatée. Il suffirait de se laisser bercer par le doux chuintement du portugais, engagé dans un entrelacs de cordes, clarinettes et contrebasse.
Tapis sonore élégant et agréable, ces chansons sont également traduites en français et en anglais. Surprise! O Tiro Pela Culatra met en scène la déconfiture d'un homme épris d'une femme... mariée. Flinstones déroule un salmigondis d'excuses absurdes. Pica do 7 présente une déclaration d'amour à un fonctionnaire poinçonneur. La suavité musicale contraste avec le ton ironique des paroles. On est loin de la saudade éplorée. C'est drôle, décalé, fougueux.
Du fado riant et trébuchant!