Roger Fleury, lors de son arrestation.

Roger Fleury persiste et reste en détention

Roger Fleury va passer la fin de semaine derrière les barreaux parce qu'il refuse de se tenir à plus de 100 mètres du site qu'il a occupé pour protester contre les travaux de réaménagement de la rue Jacques-Cartier, à Gatineau.
Le militant qui prétend être chef algonquin hors réserve de Fort-Coulonge a refusé les conditions de la cour, vendredi après-midi. Son enquête sur remise en liberté a été fixée à lundi prochain. Elle devrait durer au moins quatre heures.
La Couronne ne s'était pourtant pas opposée à sa remise en liberté, en échange du respect de cette condition, et aussi celles de garder la paix et une bonne conduite, et de rester à sa résidence de 23 h à 6 h.
Lors de sa comparution, M. Fleury a questionné la juge Anouk Desaulniers sur la nature du site archéologique qui se trouve au coeur de la controverse. Selon M. Fleury, il s'agit d'un site sacré à protéger, bien qu'un archéologue mandaté par la Ville de Gatineau ait qualifié l'endroit d'«unique», mais pas de sacré.
«Monsieur Fleury, on n'est pas ici pour cela...», a tenté d'expliquer la juge au prévenu, qui a poursuivi sur sa lancée.
«Comme professeur d'histoire [...] se soumettre à une bêtise comme celle-là, votre honneur... C'est non», a-t-il expliqué pour justifier son refus de se plier aux exigences du tribunal.
M. Fleury a été arrêté jeudi soir alors qu'il refusait de quitter le terrain du 823, rue Jacques-Cartier.
Les cinq autres manifestants arrêtés ont accepté les termes de la police, et ont été libérés quelques heures après leur transport au poste. M. Fleury doit répondre à un seul chef d'accusation de méfait. Le ministère public lui reproche d'avoir, entre le 7 août et le 18 septembre, «empêché, interrompu ou gêné la Ville de Gatineau et Excavation Loiselle dans l'emploi, la jouissance ou l'exploitation légitimes d'un bien d'une valeur dépassant 5 000 $, soit en occupant le 823, rue Jacques-Cartier».
Le groupe a occupé l'endroit pendant 43 jours. Les tipis ont disparu et le feu sacré s'est éteint après le départ des manifestants sommés de quitter l'endroit par une injonction de la cour, demandée par la Ville de Gatineau.