L'ex-joueur des Olympiques de Gatineau, Rock Régimbald, dit avoir perdu bien du respect pour l'Université d'Ottawa.

Rock Régimbald frustré lui aussi

Après Alexandre Touchette dans notre édition d'hier, un autre hockeyeur des Gee Gees de l'Université d'Ottawa a décidé de se vider le coeur.
Rock Régimbald, l'ancien des Olympiques de Gatineau, est frustré au plus haut point de la situation dans laquelle il se retrouve bien malgré lui, membre d'une équipe suspendue jusqu'à nouvel ordre pendant que des enquêtes policières et internes traînent en longueur concernant une affaire d'agression sexuelle en groupe.
Le Gatinois de 21 ans était du fameux voyage des Gee Gees à Thunder Bay au début de février, mais il n'a eu connaissance d'aucun incident pendant qu'il était là et ce n'est que quelques jours plus tard qu'il a eu vent que certains de ses coéquipiers auraient eu une aventure d'un soir avec une étudiante de l'Université Lakehead.
Ce fils d'un policier de Gatineau dit avoir coopéré pleinement avec les enquêteurs de la police de Thunder Bay lorsqu'ils sont passés sur le campus de l'Ud'O à la mi-mars, ainsi qu'avec la personne responsable de l'enquête interne commandée par le recteur Allan Rock.
Comme plusieurs de ses coéquipiers, dont certains qui n'étaient même pas du voyage dans le nord ontarien parce qu'ils étaient blessés, il accepte difficilement d'être perçu comme coupable par association.
«Les deux semaines après ça (l'annonce de la suspension du club) ont été l'enfer, je ne pensais à rien d'autre et ça a pas mal scrappé mes études. Je n'en reviens pas du manque de professionnalisme de l'université dans cette histoire et du manque de respect envers nous, les joueurs», m'a confié Régimbald.
Aucune réponse
Depuis ses comparutions comme témoin, l'étudiant en première année en Arts général n'a obtenu aucune réponse à ses nombreuses questions quant à l'avenir du programme des Gee Gees au hockey interuniversitaire. Il a notamment communiqué avec le directeur du Service des sports de l'Ud'O, Luc Gélineau, pour avoir une idée de ce qui pourrait arriver à l'équipe, mais il n'est pas plus avancé après sa conversation avec lui.
«En premier, je pensais que c'était ceux qui finissaient avec l'équipe qui étaient les plus grands perdants là-dedans. Mais là, je commence à penser que ce sont les nouveaux comme moi qui vont l'être. Moi, j'avais refusé des offres de plusieurs autres écoles pour venir jouer à Ottawa. Là, si je voulais transférer dans une autre université, je ne pourrais pas jouer au hockey pendant un an. À moins qu'ils décident d'annuler le programme, ce qui ferait que tous les joueurs deviendraient des agents libres. Mais pour ça, il n'y a même pas de date butoir pour qu'ils annoncent une décision (au Sport universitaire ontarien). C'est tellement frustrant», laisse tomber celui qui a amassé 3 buts et 18 points en 25 parties à sa saison recrue.
Le SUO tiendra son assemblée générale annuelle la semaine prochaine (5 au 9 mai), et si l'Ud'O décidait de dissoudre l'équipe lors de celle-ci, elle ne s'exposerait qu'à une amende de 500$. Celle-ci est doublée à 1000$ après cette réunion, et si une équipe se désiste après la publication du calendrier de la saison prochaine, au début de juin, l'amende monte à 3000$.
Perte de respect
Ces dates butoir s'en viennent vite et comme le disait Régimbald, «on ne sait vraiment pas ce qui va se passer... Leur mentalité pourrait être de fermer le programme à cause de toute cette publicité négative».
Et si l'Université d'Ottawa décide, après la conclusion des deux enquêtes, de lever sa suspension et de continuer d'aligner une équipe de hockey masculine, comment vas-tu te sentir, Rock?
«J'ai perdu bien du respect (pour l'Ud'O), je ne jouerais certainement pas pour le logo sur mon chandail. Je jouerais seulement pour mes coéquipiers et mes entraîneurs», a-t-il rétorqué bien franchement.
Des coéquipiers, il en a de moins en moins alors que certains ont gradué tandis que d'autres, comme Touchette (sous contrat avec un club de Nice, en France), s'en vont avant même d'avoir obtenu leur diplôme. Et comme l'entraîneur-chef Réal Paiement est suspendu, il n'y a aucun recrutement qui s'effectue ce printemps, alors que les meilleurs joueurs de 20 ans du hockey junior majeur se cherchent des équipes universitaires.
Bien des personnes innocentes auront vu leurs réputations entachées dans cette histoire qui, comme je l'ai déjà écrit il y a quelques semaines, a été très mal gérée par le bureau du recteur Allan Rock. Si jamais il n'y a aucune accusation déposée, ou s'il y en a contre seulement quelques individus, ne soyez pas surpris si des recours légaux sont entamés pour obtenir rétribution.