Martine Salomon (notre photo) et Robert Charette en seront à leur deuxième participation à des jeux olympiques en tant que bénévoles. Le Gatinois Marsel Imelbaev, qui a grandi en Russie, en sera quant à lui à une première expérience.

Rêver de bénévolat olympique

Un a joué son hockey mineur contre Guy Lafleur. L'autre a fait partie des meilleurs patineurs de vitesse de la Russie avant de trouver l'amour, de remiser ses lames et de s'amener au Québec.
Faites la connaissance de Robert Charette et Marsel Imelbaev. Deux mordus de sports de l'Outaouais qui se sont pointés à Sotchi dans la dernière semaine.
À l'image d'une vingtaine de gens de la région, ils seront bénévoles aux Jeux olympiques lors des trois prochaines semaines.
Ce sera une deuxième expérience pour M. Charette, un sexagénaire de Val-des-Bois. Il avait vécu l'aventure de 2010 à Vancouver.
«J'avais été affecté aux épreuves de biathlon, de saut à ski, de ski de fond et du combiné nordiques», a-t-il relaté avant son départ vers la Russie.
Tantôt, il se trouvait à l'accueil, à vérifier les accréditations et billets des spectateurs, entraîneurs et athlètes.
«La job la plus intéressante, c'est être placier», a-t-il noté.
Un rôle qui l'attendra certains soirs à Sotchi. M. Charette sera muté à l'aréna Bolshoy, qui peut asseoir plus de 12000 spectateurs. L'endroit accueillera les Crosby, Ovechkine, Zetterberg, Kessel, Chara et compagnie.
«C'est comme un rêve pour moi», a dit M. Charette, qui a disputé son hockey mineur à Masson. Ses équipes affrontaient souvent celles de Guy Lafleur.
«Il était trop fort pour nous», a lancé en riant l'enseignant à la retraite au sujet du Démon blond.
Retour au bercail
M. Imelbaev se trouvera aussi dans un aréna. Mais ce ne sera pas pour le hockey, mais plutôt pour le patinage de vitesse.
Un sport qu'il connaît bien. Ce père de famille de Hull a grandi à St-Petersbourg, en Russie, où il a fait ses classes en patinage de vitesse. Aujourd'hui, il est entraîneur-chef du club de patinage de vitesse de Gatineau.
L'homme âgé de 38 ans complète sa neuvième saison dans ce poste.
À Sotchi, il sera chef d'équipe d'une vingtaine de bénévoles pour les compétitions en courte piste. Ce sont des anciens coéquipiers qui ont fait appel à ses services en vue des Jeux, sachant qu'il s'exprime aussi bien en russe qu'en français.
Le principal intéressé a dit oui assez rapidement à leur offre.
«Je vais pouvoir regarder ce qui se passe devant moi sur la patinoire, assimiler et transmettre des choses que j'ai apprises aux jeunes du club à mon retour. Je pourrai mieux les motiver, leur montrer quels chemins à emprunter», soulignait M. Imelbaev.
Ce dernier partagera son expérience aussi avec les gens de son quartier. Il a été invité à prononcer une conférence le 7 mars par l'Association des résidants de l'Île de Hull à son retour de Russie.
M. Imelbaev sera accompagné en sol russe d'une autre membre du club. Brigitte Gauthier, qui est mère de deux jeunes patineurs, s'avère la physiothérapeute de l'équipe nationale de ski acrobatique.
Un bain de culture
Une autre femme de la région sera des Jeux en tant que bénévole. Martine Salomon, qui a grandi dans le quartier Templeton, se trouvera sur le site des compétitions de patinage de vitesse sur longue piste. Elle sera affectée au service de presse.
«Je vais avoir la chance de travailler avec des gens de cultures différentes de la nôtre. Mon superviseur sera Russe. J'aurai des collègues polonais et ukrainiens», a raconté la femme de 40 ans qui est directrice générale de Tourisme Péninsule Manicouagan, à Baie-Comeau.
À l'image de Robert Charette, Mme Salomon avait goûté au bénévolat olympique il y a quatre ans. Elle s'était promise de revivre les Jeux.
«J'étais tombée sous le charme de la camaraderie», s'est-elle remémorée.
Avant d'être retenue pour Sotchi, elle a dû passer divers tests et deux entrevues. Un processus qui s'est étalé sur un an et demi. Une période durant laquelle Mme Salomon a appris à parler le russe.
Avant de quitter, elle a pris le soin de mettre dans ses bagages un petit cadeau pour une jeune femme ukrainienne qui sera bénévole à ses côtés. La paire a communiqué via une page Facebook dans les dernières semaines.
Le cadeau en question? Du dentifrice.
«Du Arm & Hammer, a précisé Salomon. Elle me disait que cette marque n'est pas disponible dans son pays. Elle l'avait découvert il y a quelques années en allant faire un stage aux États-Unis. Elle l'avait appréciée.»
Quand les Jeux olympiques prendront fin, Martine Salomon restera à Sotchi. Elle a décidé de donner un coup de main aussi lors des Jeux paralympiques, qui se dérouleront du 7 au 16 mars.