Si elle espérait voir un seul coach se retourner, lors de son audition à l'aveugle, Renée Wilkin a finalement eu à choisir parmi les quatre.

Renée Wilkin à La Voix: chanter pour (sur)vivre

L'amour de la musique de Renée Wilkin a pris naissance en Outaouais. Âgée de 26 ans, elle vit aujourd'hui l'aventure La Voix à pleins poumons. Retour sur le parcours qui l'a menée au sein de l'équipe de Marc Dupré.
Le jour de son audition à l'aveugle, diffusé le 2 février dernier, la voix de Renée Wilkin était aussi ronde et émouvante que son ventre tendu par son deuxième fils à naître.
Et son interprétation de Tears of Joy a fort à propos déroulé un arc-en-ciel entre son large sourire et ses quelques larmes de bonheur, lorsque la Gatinoise d'origine a vu les quatre coaches se retourner pour elle et, du coup, compris que son aventure La Voix allait la mener plus loin qu'escompté.
« Ça m'a confirmé que j'avais eu raison de travailler aussi fort », fait valoir la femme de 26 ans, qui a finalement opté pour l'équipe de Marc Dupré.
C'est pourtant par le violon que Renée Wilkin s'initie d'abord à la musique. Le décès subit de son père vient toutefois modifier son parcours artistique. Elle a alors neuf ans et ce suicide, « que personne n'a jamais vu venir », confie-t-elle, secoue ses fondations. La petite Renée range alors archet et violon pour se raccrocher à d'autres cordes, tout aussi sensibles.
« Je m'étais refermée, isolée. C'est mon professeur de musique du primaire (de l'école Mont-Bleu) qui, en m'encourageant à participer à un spectacle scolaire, m'a redonnée envie de faire de la musique, mais autrement. Le chant m'a permis de survivre à un deuil d'une ampleur indicible. J'étais sûre que là où il était, mon père m'entendait, quand je chantais...  »
Elle se met donc à suivre des cours (à L'Artishow, avec Jo-Anne Donaghue ; avec Micheline Scott aussi). En deuxième secondaire, l'adolescente est sélectionnée pour les demi-finales du concours Jeune diva du Québec (remporté cette année-là par une autre Gatinoise, Eva Avila).
« Chanter me libérait, me faisait du bien. Je m'étais trouvé une nouvelle passion. À partir de ce moment-là, je me suis dit : 'Peut-être que je pourrais en faire un métier ?'»
À 17 ans, elle quitte l'Outaouais pour s'inscrire au cégep Lionel-Groulx, d'où elle ressort avec un diplôme en technique d'interprétation en musique populaire en 2008.
Elle tente sa chance à Star Académie, sans succès. Même chose lors de la première saison de La Voix. Déjà maman d'un garçon de près de deux ans aujourd'hui, elle se remet en question. Mais décide malgré tout, enceinte de son deuxième enfant, d'auditionner de nouveau pour La Voix.
« Cette fois, je me suis présentée sans attente, en me disant que le fait que je sois enceinte pourrait jouer contre moi... J'avais la tête plus légère que lors de mes précédentes auditions. »
Si elle espérait voir un seul coach se retourner, lors de son audition à l'aveugle, Renée Wilkin a finalement eu à choisir parmi les quatre.
« C'était irréel, comme moment ! En même temps, j'ai ressenti une grande vague de soulagement et j'ai pensé : 'Enfin !'»
Jusqu'où cela cette nouvelle aventure la mènera-t-elle ? Elle ne peut le dire. Mais peu importe le moment où son parcours s'arrêtera, elle pense déjà à « après ».
« Quand La Voix finit, on va où ? On fait quoi ? Je veux tirer le maximum de l'expérience des coaches, des gens que je rencontre, pour planifier la suite des choses. Et puis, juste de vivre la réalité d'un plateau de télévision comme celui-là, c'est vraiment quelque chose ! En tout cas, c'est une belle vitrine pour moi, c'est certain ! »