À quelques semaines de souligner le 15e anniversaire du décès de son père Marcel, survenu le 13 avril 1999, Renée Martel avait en tête de rendre hommage à «celui qui [lui] a tout appris».

Renée chante Marcel

Renée Martel est bien La fille de son père. Depuis qu'elle a célébré ses 60 ans de carrière à elle en 2012, et à quelques semaines de souligner le 15e anniversaire du décès de son père Marcel, survenu le 13 avril 1999, la grande dame du country avait en tête de rendre hommage à «celui qui [lui] a tout appris». 
«Ce disque-là, c'est pour qu'on ne l'oublie jamais et pour faire connaître sa musique à une autre génération», explique Renée Martel.
Elle n'est d'ailleurs pas peu fière de la présence de Maxime Landry, qui reprend Hello Central en duo avec elle sur l'album,  et qui «concrétise l'idée même de ce projet».
«Je découvre que des plus jeunes, dont je ne pouvais soupçonner qu'ils connaissaient mon père, chantent son répertoire! Pour moi, c'est la preuve que le country fait partie de nos racines, même si on a essayé de l'oublier, de le mettre de côté!» se réjouit-elle.
Les ventes de son nouveau cédé lui donnent raison: La fille de son père caracole près des sommets, dans les palmarès, depuis sa sortie.
Pour sélectionner les titres par lesquels elle rend aujourd'hui hommage à son père et ses nombreux classiques, Renée Martel n'a eu qu'une seule ligne directrice: «Il fallait que ce soit des chansons que je l'avais entendu, moi, interpréter sur scène.»
Elle revisite ainsi Lettre et souvenir, Allo ma prairie et autres Sois fidèle et sincère (en duo avec le regretté Georges Hamel), sur des arrangements «beaucoup plus adaptés aux textes, avec un son de 2014».
Quant aux paroles, elle les offre dans leur intégralité, «sans les avoir changées, parce que c'est ça, rendre hommage à quelqu'un», soutient-elle.
Si elle a essayé d'écrire une chanson pour son père, elle a dû se rendre à l'évidence: «Je n'y arrivais pas, parce que c'était trop proche de moi».
Elle a donc fait appel à Nelson Minville pour trouver les mots «justes», à partir de ce qu'elle avait envie de lui dire, et pouvoir chanter: «Je me revois chez nous/Chanter sur tes genoux/Y'a si longtemps déjà/Et je reprends courage».
Lorsqu'elle s'est retrouvée devant le micro, en studio, Renée Martel ne cache pas qu'elle voyait, entendait son père chanter chacune de ces pièces.
«Personne ne pourra faire un tel album avec les mêmes émotions, avec le même vécu partagé!»
Car contrairement à d'autres enfants de vedettes, la sexagénaire n'a pas trouvé difficile de grandir en tant que fille de Marcel Martel.
«Je n'ai jamais eu l'impression d'être dans son ombre. Au contraire, grâce à lui, j'ai été élevée sur une scène et j'ai le privilège de m'y présenter encore devant les gens.»
Renée Martel ira d'ailleurs à leur rencontre, puisqu'elle entamera une nouvelle tournée, à l'automne, incluant trois arrêts dans la région. Le spectacle portera le même titre que l'album: La fille de son père.
«Ça me donnera l'occasion de toucher à son époque à lui, de témoigner de ce qu'il a laissé comme héritage, mais aussi de puiser dans mon propre matériel», dit-elle.
«Vous savez, plus ça va, plus c'est une passion, pour moi, chanter! reprend-elle gaiement. J'éprouve beaucoup de gratitude, non seulement envers mon père de m'avoir appris tout ce que je sais de ce métier, mais aussi envers le public qui continue de venir me voir.»