Plus de 330 travailleuses du sexe, parfois aussi jeunes que 15 ans, ont été entendues à travers le pays.

Rendez-vous policier pour 330 travailleuses du sexe

Les corps policiers de l'Outaouais et de l'est de l'Ontario ont pris part à une vaste opération visant à aider des femmes victimes de traite de personnes et forcées de se prostituer.
À titre d'exemple, la police de Gatineau a rencontré une adolescente de 16 ans dans le cadre d'une dizaine de rendez-vous avec autant de femmes, dans des hôtels, motels et résidences privées de la ville. Au moins deux de ces 10 femmes, rencontrées en six endroits différents, étaient sous l'emprise d'un proxénète.
À Ottawa, 29 femmes, dont une âgée de seulement 19 ans, ont été interrogées.
En Outaouais, les rencontres ont été coordonnées par l'Escouade régionale mixte (ERM). Du côté de l'Est ontarien, les services de police participants sont ceux de Brockville, Cornwall, ainsi que la Police provinciale de l'Ontario.
Cette enquête, que les policiers justifient par l'aide aux femmes vulnérables, est contestée par le groupe Power. Cet organisme ottavien de défense des travailleuses du sexe rapporte que certaines femmes se sont senties intimidées par les enquêteurs. Prenant rendez-vous sous de faux noms, ils s'identifiaient et fouillaient ensuite le lieu de travail des femmes, selon Power.
Ce type d'intervention brise le lien de confiance entre les autorités et les prostituées, poursuit le groupe. L'organisme a demandé un avis légal sur les fouilles qui ont été effectuées.
À Ottawa, 16 agents ont pris part à l'opération Northern Spotlight, les 22 et 23 janvier derniers, en même temps que 25 autres corps policiers du pays.
«Les enquêteurs de l'ERM ont profité du moment pour offrir à ces jeunes femmes les ressources d'aide locales en matière de santé et de soutien moral, dans l'espoir qu'elles considèrent les options à leur portée pour se sortir d'un tel cycle de contrôle», a mentionné le sergent Jean-Paul LeMay, de la police de Gatineau.
Northern Spotlight a été coordonnée par le Service de police régionale de Durham, en Ontario.
Plus de 330 femmes, parfois aussi jeunes que 15 ans, ont été entendues à travers le pays. La police a constaté que certaines étaient contraintes à s'adonner à des actes sexuels plusieurs fois par jour, selon le désir de clients qui payaient pour ces services.
En décembre dernier, la Cour suprême du Canada a invalidé trois articles de lois interdisant le proxénétisme, la sollicitation et la tenue d'une maison de débauche. Le gouvernement a un an pour réviser ces lois.
La police tente de sévir contre la traite des personnes et l'esclavage sexuel. Plusieurs femmes rencontrées la semaine dernière ont affirmé qu'elles avaient décidé par elles-mêmes de s'adonner à ces activités. D'autres ont avoué qu'elles agissaient sous la menace de violence, d'intimidation physique, d'accoutumance à la drogue ou d'autres formes de contrainte. 
«En parlant avec les victimes, affirme l'inspecteur de la police d'Ottawa Paul Johnston, la police a pu les aider à se libérer de leur emprise, et cela fait une différence.»
Ligne Info gang de rue de l'ERM Gatineau : 819-243-2345 poste 4370
Ligne Trafic humain de la police d'Ottawa: 613-236-1222 poste 5495