Recueils de poésie

Fernand Ouellette
À 80 ans passés, Fernand Ouellette se pose À l'extrême du temps, recueillant ses poèmes de 2010 à 2012.
De ces moments où «J'en suis réduit à pressentir/Ma forme sous la pierre» à ce «face-à-face éperdu» par lequel «La voix de l'Unique/Illuminera sa véritable naissance», l'homme évoque autant la réalité de «l'âge de l'aridité", que le désir fulgurant, entier, de savourer chaque instant. Porté par ce besoin d'écrire impérieux, voire impérial, le poète cherche à mieux comprendre les mouvances de son corps et de son âme vibrant de mots, aspirant à ce moment où «le poème de sa vie [sera] accompli,/Élaboré avec les seuls mots/Qui ont résisté à la flamme».
Ses textes, empreints de spiritualité aussi bien que d'esprit, s'élancent comment autant de prières à profiter de la vie dans ses moindres souffles d'inspiration.
Jacques Gauthier
«La faim trouve son éclaircie/polit les pierres des pèlerins/sans maîtriser la route», écrit le Gatinois.
Cette faim est celle qui le mène dans les méandres spirituels d'une poésie tendue vers l'intime comme vers l'infini. Dans La vie inexprimable, Jacques Gauthier poursuit sa quête de sens à donner à l'existence que «chaque mot vrille en [lui]", poussé par un besoin de parole et de silence qui se (con) fondent l'une dans l'autre dans un absolu à atteindre.
Qu'il incite le lecteur à tendre l'oreille au «dialogue du souffle et de la cendre» ou à voir «ses empreintes [qui] marquent le chemin/que nul ne prend s'il ne tend la main», il convie encore et toujours à l'introspection, cette «archéologie intime» de l'âme, du coeur et du corps.
Michel Dallaire
Chez Michel Dallaire, les mots mitraillent un mal-être endossé telle une existence de force, tissée dans le spleen.
Dégainer prend les accents crus d'une survie à l'enfance; de celle qui laisse des cicatrices, voire des dépendances, lorsque «des mains caoutchoutées/te retiennent t'obligent/à ingurgiter la patience du jour».
Son neuvième recueil répercutent les remises en question sur ce qui relève du réel et du fantasme pour son personnage qui, dans les «quelques pages arrachées à la poubelle d'une vie» de son cahier, en note les fragments de lucidité, «la mine à l'os/(...)/pour provoquer/une nouvelle crise d'oubli».
À l'extrême du temps, Fernand Ouellette, L'Hexagone, 384 pages
La vie inexprimable, Jacques Gauthier, Éditions du Noroît, 86 pages
Dégainer, Michel Dallaire, L'Interligne, 160 pages
Vlessard@ledroit.com