Que les bobines tournent

Des piles entières de bobines de films seront entreposées en Outaouais au cours des prochains jours, mais elles n'amasseront pas la poussière. Au contraire, elles vont s'enchaîner dans le projecteur à un rythme effréné. Pas de doute, le Festival du film de l'Outaouais (FFO) est commencé, le rendez-vous des amoureux du cinéma de la région.
Le FFO effectuait son 16e lancement vendredi soir au Musée canadien de l'histoire. L'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien, et son épouse Aline Chaîné, la présidente d'honneur, Denise Robert, Denise Filiatrault, et bien d'autres personnalités ont fait acte de présence pour l'occasion.
Une occasion bien spéciale pour plusieurs puisque le FFO rendait hommage à la réalisatrice et productrice française, Marie-France Brière. Cette dame est derrière la création d'émissions populaires comme Fort Boyard, la création du Festival du film francophone d'Angoulême. Elle a aussi eu une grande influence sur les carrières d'artistes comme Gilles Vigneault, Diane Dufresne, Gilbert Bécaud et Robert Charlebois.
Ce dernier, qui était justement au Centre national des arts vendredi soir, a raconté comment il a rencontré celle qui lui aura permis de connaître du succès en France dans une vidéo présentée avant la remise du prix hommage.
Mme Brière s'est dite surprise de l'honneur qui lui était réservé. Elle vient au FFO chaque année pour voir les plus récents films québécois et elle a appris qu'on lui rendrait hommage pendant une entrevue avec un journaliste vendredi après-midi. « Pour une fois que je n'avais pas prévu quelque chose ! » a-t-elle résumé.
Marie-France Brière dit d'ailleurs s'être inspirée du FFO pour créer le festival à Angoulême. Le directeur général du FFO, Didier Farré, estime qu'il était « logique » de souligner la carrière de cette grande du show-business, surtout considérant son implication année après année au FFO. M. Farré affirme qu'elle n'hésite pas à lui filer un coup de main pour attirer des comédiens à Gatineau.
Découvertes
En ouverture, le FFO a choisi la comédie d'Albert Dumontel, 9 mois ferme. Didier Farré soutient que ce long métrage méritait d'être vu et c'est pour cette raison que les organisateurs du festival ont voulu lui donner une aussi belle visibilité.
« On se laisse prendre complètement, on se laisse embarquer. Pourtant, en voyant le titre, ça ne m'inspirait pas. Puis tout d'un coup, je me suis assis, et c'était drôle. Une grande découverte. »
M. Farré dit ne pas hésiter à choisir des films qui sont sous le radar s'il sent que le produit est bon. Il donne l'exemple du 14e FFO où Intouchables avec l'acteur Omar Sy avait été présenté avant de devenir une sensation mondiale. « Les gens apprécient qu'on leur fasse découvrir des films. Un film avec Catherine Deneuve, si elle n'est pas bonne dedans, je n'en veux pas. Même si elle venait ici, les gens seraient déçus. Je préfère des acteurs inconnus, mais qui jouent dans un bon film. »
Plus de 140 films d'une trentaine de pays seront présentés au cours de la prochaine semaine dans le cadre du FFO. Le festival clôturera le 21 mars avec la présentation de Casse-tête chinois de Cédric Klapisch.