Nageur d'élite, Anthony Bluteau bénéficie de plusieurs heures d'entraînement par semaine, sans compter les services d'un entraîneur à temps plein, Michel Bérubé. Cela aurait été impensable en Abitibi-Témiscamingue, sans une infrastructure du calibre du centre sportif de Gatineau.

Quand une promesse électorale change une vie

Une promesse électorale peut carrément changer le cours d'une vie. Parlez-en au jeune nageur Anthony Bluteau, un Abitibien qui a décidé de s'expatrier en Outaouais, l'automne dernier, dans le but ultime de parfaire son développement dans les couloirs de la piscine du centre sportif de Gatineau.
Huit mois après son arrivée, l'athlète de 17 ans l'avoue candidement : s'il n'avait pas joint les rangs du club de natation de Gatineau et profité de ces installations de haut calibre, jamais il n'aurait progressé à un rythme aussi spectaculaire.
Surtout, l'ancien membre du club Les Marsouins de Val-d'Or n'aurait pas signé des performances comme il l'a fait en février, alors qu'il a décroché deux médailles d'argent aux Championnats canadiens de l'Est, à Windsor.
« J'étais devenu celui en tête de peloton, l'homme à battre. Depuis que je suis arrivé ici, j'ai de la compétition à chaque pratique. Dans l'eau, il y a en a qui me dépassent et qui me forcent à me pousser. Sans eux, je n'en serais pas là », lance le nageur de 180 cm (5' 11") et 77 kg (170 livres).
Anthony Bluteau bénéficie aussi d'une dizaine d'heures d'entraînement de plus par semaine, sans compter qu'il compte sur les services d'un entraîneur à temps plein, Michel Bérubé. Cela aurait été impensable en Abitibi-Témiscamingue, sans une infrastructure du calibre du centre sportif de Gatineau.
Il faut dire que le Gatinois d'adoption a de l'énergie à revendre, devant composer avec un trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité. « Dans cette piscine-là, on nage vraiment vite. Elle est reconnue pour ça. Je l'avais découvert lors des Jeux du Québec en 2010. [...] L'ambiance est dynamique, c'est coloré comparativement aux autres piscines qui se retrouvent souvent dans un décor de gros béton gris laid. C'est motivant. À Val-d'Or, on a les mêmes blocs de départ, c'est tout », affirme l'étudiant au Cégep de l'Outaouais.
L'adolescent avait aussi songé un moment s'allier au Rouge et Or de l'Université Laval, mais son choix s'est rapidement porté sur l'Outaouais, parce qu'il pouvait bénéficier des mêmes services et que la distance avec sa ville natale était moins grande.
Ayant lui-même fait un retour aux sources en s'amenant à Gatineau à temps pour l'ouverture du centre sportif, en 2010, l'entraîneur-chef du club de natation de Gatineau est lui aussi convaincu que la qualité des installations fait toute la différence. « Ce n'est pas juste une infrastructure. C'est un legs qu'on laisse à une population. Les gens sont plus actifs et ça attire beaucoup les familles, c'est formidable », affirme M. Bérubé, qui a entraîné dans le passé des nageurs de renom tels que Yannick Lupien et Chanelle Charron-Watson.
Sept ans après la promesse de l'ex-député de Chapleau et ministre responsable de l'Outaouais, Benoît Pelletier, qui s'engageait lors de la campagne électorale de 2007 à obtenir le financement recherché, l'effet d'attraction du centre sportif de Gatineau se fait de plus en plus sentir. L'an dernier seulement, l'édifice a été l'hôte de 30 événements sportifs, dont deux de niveau international et cinq de niveau national, en plus d'être fréquenté par plus de 512 000 personnes.
PROMESSE: le 26 février 2007, le ministre libéral Benoît Pelletier s'engage à obtenir 20 millions $ pour le futur Centre sportif de Gatineau.
CONTEXTE: la Ville de Gatineau souhaite ériger des installations sportives à la fine pointe de la technologie. Le coût total du projet est évalué à 50 millions $. L'édifice situé à l'angle des boulevards de La Gappe et de la Cité comprendrait entre autres un bassin olympique de 50 m, une tour de plongeon à quatre palliers, un gymnase triple et une palestre.
POUR: le projet faisait l'objet d'un consensus régional, autant chez les acteurs politiques, économiques que sportifs. Les installations de 18 500 pieds carrés doivent entre autres contribuer à stimuler le développement de l'élite sportive, augmenter le tourisme sportif et résoudre une pénurie de plateaux pour les différents clubs du territoire.
CONTRE: étant donné le manque de glaces et la vétusté de certains arénas sur le territoire gatinois, plusieurs souhaitent que le complexe sportif comprenne une ou plusieurs patinoires. Aussi, l'arrivée de ces nouvelles infrastructures amène la Ville de Gatineau à demander à divers clubs sportifs de fusionner afin de former qu'une seule entité, une idée qui fait l'objet de plusieurs critiques.