Propos orduriers à la FÉUO: le chef de police de Kingston défend son fils

Les réactions sont nombreuses dans la crise à caractère sexuel qui secoue l'Université d'Ottawa depuis la fin de semaine dernière. Alors que des groupes communautaires s'élèvent contre ce qu'ils appellent la culture du viol, le chef de la police de Kingston présente des excuses parce que son fils est l'un de ceux qui ont tenu des propos violents et sexuellement explicites sur la présidente de la Fédération étudiante de l'Unversité d'Ottawa (FÉUO).
Cette fin de semaine, la présidente de la FÉUO, Anne-Marie-Roy, a été la cible de propos inquiétants dans un clavardage privé sur Facebook, et dans lesquels d'autres représentants étudiants affirmaient vouloir la «punir» avec leur organe génital.
Parallèlement, la direction de l'université a confirmé que son équipe de hockey masculine était suspendue à cause d'une allégation d'agression sexuelle en groupe sur une jeune fille, à Thunder Bay.
Plus tard dans la semaine, Mme Roy et des groupes communautaires ont dénoncé la culture du viol dans la société et sur le campus.
L'histoire des propos dirigés contre Mme Roy a pris une nouvelle tournure, mercredi, lorsque le chef de la police de Kingston, Gilles Larochelle, a confirmé qu'un des représentants étudiants qui avait tenu ces propos controversés était son fils, Alex.
Gilles Larochelle est un ancien cadre de la police d'Ottawa. Lui et sa femme, Tessa Youngson-Larochelle, une policière d'Ottawa, ont qualifié l'agissement de leur fils de «terrible erreur», dans un communiqué.
«Ses mots ne réfléchissent pas sa vraie personnalité et ses valeurs. Nous savons combien ces commentaires son mal placés.» Les parents affirment que leur fils a depuis été la cible de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. «Alex a fait une erreur, s'est excusé et a démissionné d'un poste dans lequel il était engagé. Il regrette le tort qu'il a causé. Nous vous demandons de lui donner une chance d'apprendre.»
Les autres étudiants ont aussi offert leur démission. Alexandre Giroux était vice-président social à l'Association des étudiants en Sciences et siègeait au conseil d'administration de la FÉUO, tout comme Pat Marquis, le vice-président social de la FÉUO. Alexandre Larochelle et Michel Fournier-Simard occupaient le même poste, respectivement au sein de l'Association des étudiants en criminologie et à l'Association étudiante des études politiques, internationales et en développement.
Lettres ouvertes
Des regroupements d'organismes communautaires de toutes sortes ont écrit de nombreuses lettres ouvertes, cette semaine. Les appuis à Mme Roy et les dénonciations des allégations concernant les Gee Gees font couler beaucoup d'encre. Des groupes communautaires se sont adressés directement aux jeunes hommes qui ont tenu ces propos.
«Nous sommes sincèrement inquiètes pour Mme Roy. Vous avez fait un pas dans la bonne direction en choisissant de démissionner de vos postes et d'offrir des excuses à Mme Anne-Marie Roy pour la conversation que vous avez eue à son sujet. Suite à cet incident, les citoyens et citoyennes d'Ottawa ont entamé une conversation grandement nécessaire à propos de la culture de viol qui règne sur le campus et ailleurs. Vous avez donc maintenant l'occasion de participer à cette conversation. Vous pouvez à présent cesser de faire partie du problème et faire partie de la solution - prendre des mesures et jouer un rôle pour aider à contrer la culture de viol et la violence sexuelle», écrit le groupe.
«Il est incontestable que l'utilisation de « l'humour de viol » dans la conversation que vous avez eue à propos de Mme Roy se voulait humiliante et dégradante envers une femme dans une position de pouvoir», poursuit le groupe formé de La Coalition d'Ottawa contre la violence faite aux femmes, Hollaback! Ottawa, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et le comité Réseau d'Ottawa.