Prévenir l'intimidation

David et Katy sont les jeunes parents d'une petite fille âgée de 6 mois. Comme bien des nouveaux papas et des nouvelles mamans, ils se surprennent souvent à regarder leur fille évoluer, les yeux brillants d'espoir.
Par contre, en ces jours où nous parlons beaucoup du phénomène de l'intimidation chez les jeunes, ils se demandent comment ils pourraient la protéger des dangers liés à ce fléau qui sévit dans les écoles. Et si elle devenait un jour victime? Et si elle devenait un jour bourreau? Ils sont inquiets pour leur petite chérie qui devra probablement évoluer dans un monde qui semble de plus en plus hostile pour les personnes timides ou qui savent moins se défendre.
Un sujet important
Oui, encore un article sur l'intimidation! Je sais que nous en avons entendu parler dans tous les médias la semaine dernière. J'ai moi-même abordé le sujet à quelques reprises, dans le cadre de cette chronique, à des moments où le sujet n'était pas nécessairement dans l'actualité.
Le geste qu'a posé l'adolescente qui s'est enlevée la vie cette semaine est un geste extrême, mais qui reflète bien le sentiment d'impuissance et de désespoir que vivent les victimes d'intimidation, même celles qui tentent de continuer à sourire ou de faire comme si de rien n'était.
Tout le monde sait que l'intimidation laisse des cicatrices dans le coeur des victimes, mais bien peu de gens savent qu'elle en laisse également partout autour. Dans le coeur des bourreaux, entre autres. Et dans le coeur de ceux qui n'ont rien fait, se croyant faussement impuissants. Même si ces cicatrices ne sont pas comparables à celles des victimes, nombreux sont ceux qui se sentiront affreusement coupables de ce qu'ils ont fait une fois adultes, avec la maturité nécessaire pour comprendre l'impact de leurs gestes.
Attention à ceux qui voudraient me blâmer de prendre les bourreaux en pitié! Je ne tente pas d'excuser leurs gestes! Je dis simplement que ce n'est pas parce que l'intimidation est négative pour les victimes qu'elle est positive pour les bourreaux.
Face à ce phénomène, il faut faire plus que de se montrer indigné. Il faut dépasser la discussion de machine à café et faire plus que se poser des questions.
La clé de l'estime de soi
Que faire? Selon moi, une partie de la solution réside dans le développement de l'estime de soi chez tous les enfants en bas âge. Tant chez ceux qui auraient un tempérament les prédisposant à devenir victimes, que chez ceux qui seraient prédisposés à devenir bourreaux. Comment l'estime de soi peut-elle prévenir les impacts de l'intimidation chez les victimes? En fait, pour tout le monde, l'estime de soi agit un peu comme un écran protecteur contre les difficultés d'adaptation et les adversités de la vie. Si deux enfants différents vivent de l'intimidation, celui des deux qui avait initialement la plus forte estime de soi s'en sortira probablement avec moins de séquelles.
Comment l'estime de soi peut-elle diminuer les risques que des enfants deviennent des bourreaux? Parce que lorsque l'on a une bonne estime de soi, on n'a pas besoin d'écraser les autres pour se valoriser.
Comment favoriser le développement de l'estime de soi chez un enfant? Je pourrais écrire tout un livre sur la question, mais laissez-moi vous résumer le tout. Les premières personnes qui peuvent avoir ce pouvoir de prévention sont les parents, et ce, dès la naissance de leur enfant, par la relation d'attachement qu'ils développeront avec lui. Ainsi, c'est en donnant des soins adéquats à leur fille, en lui manifestant leur affection et en lui offrant un milieu sécurisant que David et Katy l'aideront à développer une bonne estime de soi et une confiance dans le monde qui l'entoure. C'est en l'encourageant, en la valorisant et en l'encadrant adéquatement qu'ils l'aideront à mieux s'adapter au monde extérieur.
Cela n'empêchera pas nécessairement quelques futurs camarades de classe de tenter de la bousculer ou de l'humilier. Mais habituellement, les enfants qui affichent une certaine assurance ont moins de risques de se faire traiter ainsi. Et si cela arrive malgré tout, ils sauront mieux se défendre ou hésiteront moins à dénoncer la situation.
Peut-être que certains d'entre vous me trouveront trop optimiste avec cette solution toute simple. Mais lorsque l'on est pessimiste, on ne fait rien. Et si on cherche des solutions complexes, on risque de se décourager et de baisser les bras.
Commençons par la base et faisons tout en notre pouvoir pour offrir cette bulle de protection à nos enfants: favorisons leur estime de soi.
UNE PSY VOUS RÉPOND
Q: Ma fille et son conjoint ont rompu, mais leur relation est restée respectueuse pour le bien de leur fille de 3 ans. Depuis peu, le père a une nouvelle copine sous son toit. Ma petite-fille l'adore, mais ma fille a peur qu'elle préfère la conjointe de son père! Comment puis-je la rassurer?
R: L'attitude de votre petite-fille envers la conjointe de son père est normale. Un peu comme son père, elle est en période «lune de miel». L'inquiétude de votre fille est tout aussi normale. Parce qu'une partie du rôle du parent est d'encadrer son enfant, des conflits peuvent parfois éclater. À l'inverse, un nouveau beau-parent peut ne pas vouloir s'impliquer tout de suite dans la discipline - avec raison -, ce qui lui donne souvent le beau rôle. La prochaine fois que vous verrez votre fille, dites-lui qu'il est sain que sa fille et sa belle-mère développent une belle relation. Votre fille devrait se concentrer sur le maintien d'un bon lien avec votre petite-fille, car c'est sur quoi elle a le contrôle. Bonne chance!