On peut se demander pourquoi Claude Giroux et Martin St-Louis ont été laissés de côté à la faveur de Rick Nash, Jeff Carter et Chris Kunitz.

Pourquoi pas Giroux et St-Louis?

Quelque part à Denver, Bobby Ryan a dû sourire, hier.
L'attaquant des Sénateurs avait hâte que sa non-sélection par l'équipe américaine - et le commentaire de Brian Burke à l'effet qu'il ne «sait pas épeler le mot intensité», - cesse d'être un sujet de conversation dans la capitale.
C'est maintenant fait et pour ça, il peut remercier un gars originaire du coin, Steve Yzerman. Car après l'annonce des 25 joueurs sélectionnés pour faire partie d'Équipe Canada aux Jeux olympiques de Sotchi, c'est au tour de «Stevie Y» (prononcer comme «why», pourquoi?) de se retrouver au milieu du tourbillon.
Une telle sélection n'est jamais évidente, mais il faut effectivement se demander pourquoi Claude Giroux et Martin St-Louis ont été laissés de côté, à la faveur d'ailiers comme Rick Nash, Jeff Carter et Chris Kunitz.
«Why, Stevie Y?», s'est-il fait demander à de multiples reprises hier.
Au sujet de St-Louis, il a répondu: «Personnellement, c'est une décision très difficile comme ce fut le cas en 2010. Il joue de l'excellent hockey avec notre équipe et ça explique une grande partie notre succès cette saison.»
Concernant Giroux, quand je lui ai posé la question pendant un appel-conférence avec la presse nationale, il a d'abord mentionné que son lent début de saison n'avait pas été un facteur. «Notre alignement a fluctué au cours du processus. Nous avions certaines réserves (en début de saison), mais depuis un mois ou six semaines, il a joué comme par le passé. Ça n'a pas vraiment influencé la décision, en fin de compte, c'était une question de la façon dont un joueur de ce talent cadrait dans le club. J'essaie de placer 17 joueurs dans 14 places et ça ne marche tout simplement pas», a-t-il poursuivi.
Sur la liste d'attente
Au moins, lors de la conférence de presse tenue à Toronto, l'homme de hockey originaire de Nepean a laissé sous-entendre que Giroux était sur la courte liste de joueurs qui pourraient être appelés en renfort en cas de blessure.
C'est une mince consolation pour le hockeyeur originaire de Hearst et qui a déménagé à Orléans à l'adolescence avant de devenir une étoile avec les Olympiques de Gatineau.
«Steve Yzerman m'a appelé (mardi matin), on a eu une courte discussion. C'est évidemment décevant. C'est un de mes rêves de jouer pour le Canada, mais il y a beaucoup de bons joueurs qui viennent du Canada et les noms annoncés sont de bons joueurs de talent. C'est décevant, mais ça arrive», a dit Giroux aux collègues de Philadelphie après l'entraînement des siens en vue de leur match d'hier soir contre les Devils du New Jersey.
«Certains croient que tout arrive pour une raison, et si je n'ai pas fait le club, il y a une raison pour ça. Mais je ne suis pas fâché. C'est une journée difficile, mais c'est une bonne chose d'avoir un match pour mettre ça derrière moi et aller de l'avant», a-t-il ajouté.
À couteaux tirés avec Crosby
On ne le saura peut-être jamais, mais peut-être qu'une des raisons pour lesquelles Giroux ne «cadrait pas» dans l'Équipe Canada de Steve Yzerman est peut-être qu'il est à couteaux tirés avec le probable capitaine de l'équipe, Sidney Crosby, contre qui il est allé à la guerre lors de séries mémorables entre Philadelphie et Pittsburgh.
En tout cas, je ne suis pas le seul à trouver que l'absence de Giroux est aussi controversée que celle de Ryan avec Équipe États-Unis.
«Wow, a dit l'entraîneur des Devils Peter DeBoer (un Canadien) en apprenant la nouvelle. Je suis un grand partisan de Giroux. Il serait un des cinq ou 10 premiers gars sur ma liste. Mais je ne suis pas Steve Yzerman, ni Hockey Canada, et ce sont des décisions difficiles à prendre.»
Mais ce n'est pas parce qu'une décision est difficile qu'il faut prendre la mauvaise. Le Canada pourrait remporter l'or quand même à Sotchi malgré les absences de Giroux, St-Louis, Joe Thornton et James Neal (mes trois seuls choix d'hier qui n'ont pas été retenus), ça va dépendre beaucoup du jeu de Roberto Luongo ou Carey Price devant le filet. Mais si l'unifolié revient bredouille de Russie, les sélections - et non-sélections - de «Stevie Why» et compagnie vont certes revenir dans les conversations.