Post Mortem, de Guillaume Depardieu

Une fois apprivoisé le malaise de voir un disque apparaître cinq ans après le décès de l'artiste, Post Mortem - réalisé par Renaud Letang (Feist, Manu Chao, Birkin, Souchon) à partir des maquettes laissées par Guillaume Depardieu - séduit.
Coup de marketing que ce titre? On lit sur la Toile que c'est celui qu'avait choisi le comédien pour son album avant de mourir. Étrange, mais rassurant.
Côté contenu, on découvre la force poétique d'un grand tourmenté, Estropié joyeux, mais hypersensible et hypertendu. Une poésie vibrante et trash, insolente et ricaneuse, dont le phrasé repousse au second plan la technique vocale, où s'enlacent érotisme, existentialisme, ironie autocritique, critique sociale caustique, crabes bleus et pensées peroxydées, qui rappelle tantôt Miossec, tantôt Biolay, tantôt Ferré (Ma Vérité).
Les Mots Samouraï de Depardieu pourfendent le «charabia» des «piétistes infâmes» et triturent «l'horrible impuissance dont il faut s'accommoder».