Pierre-Karl Péladeau

PKP candidat pour le PQ dans Saint-Jérôme

Le Parti québécois a fait retentir un coup de tonnerre dans la campagne électorale, en annonçant dimanche la candidature de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau dans la circonscription de Saint-Jérôme.
Quelque peu nerveux, le magnat des médias a dit vouloir travailler à favoriser la prospérité du Québec, comme il l'a fait «à la tête de l'entreprise fondée par son père».
M. Péladeau a justifié son entrée en politique par la situation économique mondiale, plaidant qu'«il n'y avait pas de solution facile» au déséquilibre commercial du Québec, et qu'il «faudrait faire preuve d'audace» pour favoriser l'innovation et la productivité.
Il a également invoqué son «profond attachement» aux valeurs du parti, y compris l'indépendance du Québec, un objectif qu'il a mentionné à plusieurs reprises sous les applaudissements des nombreux militants rassemblés sur place.
M. Péladeau a annoncé qu'il avait démissionné de tous ses postes électifs - soit Québecor et Hydro-Québec -, avant de défendre «l'objectivité» des médias précédemment sous son contrôle.
L'écho du coup de tonnerre s'est fait entendre chez les adversaires du Parti québécois.
La porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, s'est montrée la plus virulente, affirmant que Pauline Marois et le Parti québécois avaient montré leurs vraies couleurs en ouvrant la porte à Pierre Karl Péladeau.
À son avis, les électeurs, qui entretenaient encore l'espoir de voir le PQ adopter de «bonnes mesures sociales», viennent sans doute de déchanter.
Mme David s'est montrée ironique avec le fait que le PQ a annoncé la candidature de M. Péladeau quelques jours après avoir ouvertement courtisé les électeurs progressistes. La députée de Gouin a été très claire. «Jamais, jamais, un député solidaire ne s'assoira à côté d'un PKP», a-t-elle dit.
Le ton était plus amer du côté de la Coalition avenir Québec.
Son chef François Legault, qui a reconnu avoir courtisé le nouveau candidat péquiste, a affirmé que Pierre Karl Péladeau sera «déçu» et qu'il «fait une erreur» en joignant les rangs du Parti québécois.
«Quand j'ai choisi d'aller au Parti québécois, un peu comme lui, je me disais: «On va pouvoir relancer l'économie du Québec, on va pouvoir un petit peu mettre de côté les lobbys des syndicats (...) et moi j'ai été déçu», a-il raconté.
«Je me suis rendu compte qu'au Parti québécois, les réformes concernant les finances publiques et l'économie sont toutes prises en otage par un sujet: le référendum», a ajouté le chef de la CAQ.
De son côté, le chef libéral Philippe Couillard a tenté de minimiser l'importance de l'arrivée de Pierre Karl Péladeau.
«Les candidatures sont toutes bienvenues, a déclaré M. Couillard. C'est bien de se présenter en politique. Mais la candidature, quelle qu'elle soit, ne changera pas le débat. (...) Quelle que soit la candidature, cela ne change pas le message, cela ne change pas la question, jusqu'au 33e jour de la campagne.»
Il a assuré que sa stratégie n'allait pas changer non plus et qu'il allait «rester sur le même message». Philippe Couillard est resté prudent en répétant qu'il préférait ne pas réagir tant que le principal intéressé n'aura pas fait de déclaration plus tard dimanche.
«Je ne fais pas de commentaires personnels sur M. Péladeau. Je vais entendre d'abord ses réponses tantôt. Mais je répète que son message devient celui du Parti québécois. Que ce soit M. Péladeau ou n'importe qui, quelqu'un qui se présente pour le PQ se présente pour séparer le Québec du Canada et avoir un référendum le plus rapidement possible».
L'annonce a aussi fait parler d'elle au-delà de la scène politique.
Pour une, la Fédération des travailleuses et des travailleurs du Québec (FTQ) se dit «étonnée» par l'arrivée de M. Péladeau au sein du PQ.
Dans une déclaration écrite, la FTQ a rappelé que «le bilan de monsieur Péladeau en terme de relations de travail est une catastrophe pour les travailleurs du Québec. Elle s'est dit «convaincue qu'il ne s'agit pas d'un actif positif pour le Parti québécois».