Thommy Rice a écopé d'une sentence lui interdisant de conduire à jamais un véhicule à moteur partout au Canada.

Permis de conduire révoqué à vie pour un Gatinois

Le tribunal espère que sa 13e récidive en matière d'alcool au volant sera sa dernière...
Un Gatinois a écopé de 18 mois de détention et d'une interdiction de conduire à vie pour avoir conduit en état d'ébriété sur le boulevard Maloney. La procureure de la Couronne a fait comprendre que les derniers événements n'impliquaient pas seulement «quelques zigzags».
Des témoins ont vu l'homme circuler dans la voie opposée, roulant tantôt sur la ligne médiane, tantôt sur le trottoir, à quelques centimètres de faucher un auto-stoppeur, de percuter l'arrière d'un camion de sable, et, un peu plus loin, une voiture, entre les boulevards Lorrain et de l'Aéroport. Seuls quelques cônes orange avaient été expédiés dans le décor par le multirécidiviste Thommy Rice à l'automne 2008.
Près de cinq ans après les faits, le chauffard a reçu sa sentence, vendredi, au palais de justice de Gatineau.
Des problèmes de santé expliquent en partie les délais dans le dossier. Thommy Rice a reconnu avoir conduit avec un taux d'alcoolémie supérieur à la limite permise.
Multirécidiviste
Il s'agit d'une 13e infraction en semblable matière depuis 1978. Il connaît l'éventail des infractions reliées de près ou de loin à l'alcool au volant, à en juger par ses antécédents: refus de souffler dans l'alcoomètre, conduite dangereuse, délit de fuite, conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool, conduite avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,08 et conduite d'un véhicule à moteur malgré l'interdiction de la cour.
Avant son arrestation, en 2008, sa dernière infraction du genre remontait à 2003. La cour lui avait imposé 12 mois de détention. Il avait alors «soufflé» 0,182. Son avocat, Me Denis Labelle, a dit que son client n'avait pas conduit depuis que son permis lui avait été retiré cinq ans auparavant.
Vendredi, la cour a inscrit un autre avis de récidive au dossier, lui interdisant de conduire à jamais un véhicule à moteur partout au Canada.
«Heureusement que personne n'a été blessé, a dit le juge Réal Lapointe. Vous êtes, en quelque sorte, très chanceux.»
La Couronne demandait une peine de deux ans moins un jour.
La plus longue peine qu'il avait reçue à ce jour et en matière semblable (l'homme possède d'autres antécédents non reliés) était de douze mois, il y a un peu plus de dix ans.
«C'est une situation assez unique, a commenté le juge Lapointe. Les infractions sont nombreuses. Au moins, il ne conduit plus. L'infraction remonte à cinq ans, et la précédente, à une douzaine d'années. [...] Le tribunal, c'est sûr, aurait tendance, comme tout le monde, à [rendre une sentence] extrêmement sévère. Mais bien que pour les très nombreuses infractions précédentes il ait déjà purgé le temps, c'est pour celle-ci, qui, si elle était unique dans sa vie, n'entraînerait qu'une amende de, peut-être, 1500 $. Mais comme elle n'est pas unique et qu'il est un récidiviste, ça doit être beaucoup plus sérieux, sans être disproportionné en raison de l'ensemble de ses antécédents.»