Perdre la face

«Utilises-tu un rasoir électrique, le matin, ou un rasoir à main?, me demande mon beau-frère, l'autre soir.
- Drôle de question que tu me poses là. Est-ce ta façon peu subtile de me dire que je dois me raser?
- Non, pas du tout. Bien que...
- Si ça peut te faire plaisir, le beau-frère, la prochaine fois que tu viendras faire un tour, je vais m'assurer de me raser la face et, juste pour toi, je me ferai aussi épiler les jambes. Et même la poitrine, si t'insistes. Ça te va?
- (Rires.) Choque-toi pas, Denis. Si je te demande, c'est parce que j'ai reçu un rasoir gratuit par la poste. Une espèce de promotion, j'imagine. Mais j'utilise un rasoir électrique. Et si t'utilises un rasoir à main, je vais te le donner.
- Il n'a jamais été utilisé?
- Non. Ça semble être un très bon rasoir et il est encore dans l'emballage.
- Alors oui, merci. Je vais le prendre volontiers.»
Et c'est ainsi que j'ai hérité d'un rasoir flambant neuf. Un rasoir à... cinq lames.
Je n'ai jamais compris ces rasoirs multilames. Et n'allez pas croire ce qu'ils disent, ce n'est pas vrai qu'ils rasent cinq fois plus près. Selon moi, la seule différence entre un rasoir à une lame et un rasoir à cinq lames, c'est que lorsque vous vous coupez avec ce dernier, vous vous retrouvez avec cinq cicatrices plutôt qu'une seule. Comme si vous aviez été égratignés par une chatte enragée.
J'ai étrenné mon nouveau rasoir en fin de semaine. Et j'ai découvert un petit bidule sur le manche de ce rasoir qui se veut sûrement le summum de l'inutilité (pour ne pas dire de l'imbécillité). En d'autres mots, ils inventeront n'importe quoi pour vous vendre n'importe quoi.
Je me rasais lorsque sans m'en rendre compte, j'ai appuyé sur un bouton sur le manche du rasoir que je n'avais pas remarqué auparavant. Un bouton «on/off».
Un bouton pour allumer et fermer quoi, demandez-vous? Réponse: la vibration.
En appuyant sur ce bouton, le rasoir se met à vibrer. Un peu comme un vibra... Bon. Pas besoin de vous faire un dessin, j'en suis sûr!
Mais qui a pensé à ça!? Qui a eu cette «brillante» idée d'inventer un rasoir à main qui vibre?
S'il y a une chose dans la vie - une seule chose - qu'on ne veut pas faire vibrer lorsqu'on l'utilise, c'est bien un rasoir à lames! À cinq lames!
Si je n'avais pas immédiatement éteint ce rasoir, ma figure aurait eu l'air d'une patinoire après une longue compétition de patinage artistique. Ou pire encore, au masque de l'ancien gardien de but des Bruins de Boston, Gerry Cheevers. (Les amateurs de hockey me comprennent.)
Disons que si je n'avais pas éteint ce rasoir au plus sacrant, j'aurais perdu la face. Littéralement.
Que disais-je encore? Ah oui. Ils inventeront n'importe quoi pour vous vendre n'importe quoi...
Le portrait, suite et fin
Parlant de perdre la face...
Vous avez été plusieurs à commenter ma chronique de mercredi dernier sur mon portrait que j'ai trouvé par pure coïncidence à la St-Vincent-de-Paul de Hull. Et l'un de ces commentaires m'a été transmis par l'artiste gatinois de cette toile, le peintre Reno (Michel Renaud). Voici ce qu'il avait me dire:
«[Votre chronique] m'a fait sourire, y'a pas de doute. J'aimerais apporter une ou deux précisions, si vous me le permettez. Vous pouvez cependant croire que nous sommes deux à recevoir des leçons d'humilité; de mon côté, prendre connaissance du prix de vente (1,95$) en était aussi toute une.
«Lorsqu'on vous a dit que votre portrait n'avait pas trouvé preneur en deux ans, c'est faux. Puisque j'ai laissé ce tableau sur les lieux le printemps ou l'été dernier (2013). Et, à 1,95$, vous avez eu toute une "aubaine", puisque la toile à elle seule vaut au bas prix au moins une dizaine de dollars.
«J'ai pensé à quelques reprises de vous contacter et de vous l'offrir, mais je considérais humblement que le tableau n'était pas à la hauteur, à votre hauteur. Si j'avais eu le courage d'aller de l'avant avec mon plan, vous auriez épargné 1,95$.
«Au plaisir. Go Sens Go!
M. Renaud (RENO).»
Merci encore, Monsieur l'artiste. Et détrompez-vous, ce portrait est bel et bien «à ma hauteur». C'est une lectrice prénommée Louise qui me l'a fait comprendre à sa façon. Voici ce qu'elle m'a écrit:
«Bonjour Denis,
«Ma mère disait souvent: 'Si tu ne vaux pas une risée, tu ne vaux pas grand-chose.' Je vous avoue que j'ai bien ri en vous lisant ce matin (mercredi) et le rire est bon pour le moral. Donc, en ce sens, je dirais que vous êtes priceless!
«Merci et bonne journée.
Louise»
La belle affaire... ma «valeur» a chuté de 1,95$ à priceless.
Si ça continue, je devrai vous payer pour que vous me lisiez!
Les Sens en séries?
Je termine avec la «question du jour» posée ce week-end sur le site web du Droit.
À la question «Selon vous, les Sénateurs d'Ottawa réussiront-ils à se tailler une place en séries?», 50% des 647 participants ont répondu «oui» et 50% ont évidemment répondu par la négative.
J'en conclus que la moitié des lecteurs du Droit connaissent leur hockey. Et l'autre moitié, un peu moins...