Armelle Tardy-Joubert, responsable de l'exposition

Patriotisme artisanal à la française

Quel est le point commun entre la Vache qui rit, Lancôme, Orangina et les Éditions Larousse ? La France, évidemment ! C'est ce que rappelle l'exposition itinérante Galerie F, de passage à l'ambassade de France sur Sussex et ouverte au public les 10, 16 et 17 juillet. Réalisée par Atout France, l'agence de développement touristique de la France au Canada en partenariat avec l'ambassade ainsi que des Conseillers du Commerce extérieur français, l'exposition vise à sensibiliser le public au savoir-faire hexagonal à travers une sélection de marques emblématiques. Certaines sont déjà commercialisées en Amérique du Nord, d'autres comptent bien sur cette vitrine pour mieux se faire connaître du marché canadien.
Véritable «showcase» d'une gamme de produits français exportables, la Galerie F opère à la manière d'une exposition d'art avec ses présentoirs à cloche, son catalogue et ses cartels explicatifs. Chacune des colonnes représente un élément de fabrication original, une photo du produit, sa date de création ainsi que la ville et la région d'origine. En argument promotionnel plus ludique, un petit texte accompagnateur démontre l'attachement d'une personnalité à l'objet. Le comédien Jamel Debbouze partage ses souvenirs émus de la confiture Bonne Maman; l'écrivain Marc Lévy témoigne de son attachement à la maison d'édition Robert Laffont; le couturier Christian Lacroix s'attaque à la Vache qui rit tandis que la comédienne Valérie Lemercier fait des rimes sur la crème jour/nuit de Sisley. Un moule à calissons d'Aix côtoie un morceau grillagé de Caddie, cette marque de chariot qui a fini par donner son nom à l'objet, en France.
Des marques de luxe (Agnelle, Fauchon, Lancôme, Rougié...) jouxtent des produits de consommation courante : le camembert Le Rustique, venu de Normandie et que l'on retrouve dans nos épiceries (adouci?), L'Occitane en Provence dont les boutiques ont essaimé au Canada, le petit Lu, ce biscuit indémodable à croquer par les extrémités, le Ricard et le savon de Marseille...
«90 % des produits sont déjà commercialisés au Canada ou en cours d'intégration», présente Armelle Tardy-Joubert, directrice d'Atout France au Canada. L'exposition sert surtout de vecteur marketing aux marques qui ont dû débourser une certaine somme - non révélée - pour faire partie du projet et bénéficier de son rayonnement dans trois provinces (Québec, Ontario et Nouveau Brunswick). La Galerie F pourrait d'ailleurs servir de projet pilote pour d'autres pays.
L'exportation pour combattre la morosité économique
Il faut dire que la France demeure le premier fournisseur du Canada en vins et en eaux, le deuxième en parfums et produits de beauté, le 3ème en fromages, livres et journaux.
«Dans une situation de crise économique, moins sévère mais qui perdure, procéder à une remise en valeur des produits industriels est essentiel. On ne doit rien négliger pour vendre mieux», a commenté l'ambassadeur de France au Canada, M. Zeller.
À vocation promotionnelle, touristique et commerciale, cette exposition séduira assurément les amoureux du «made in France».
Demain, l'ambassade propose une journée portes-ouvertes de 14h à 19h pendant laquelle l'exposition sera accessible au grand public.
Mcucchi@ledroit.com