L'ancien président de la FTQ, Michel Arsenault, témoigne lundi.

Pas vrai que la FTQ dirige le Québec, dit Arsenault

Devant la Commission Charbonneau, lundi, l'ancien président de la FTQ, Michel Arsenault, a nié que sa centrale syndicale, la plus importante au Québec, soit si influente que les gouvernements la craignent.
«C'est pas vrai que la FTQ dirige le Québec et que les gouvernements ont peur de nous autres», s'est-il exclamé.
Il a aussi assuré que les syndicats affiliés, comme la FTQ-Construction, embauchent qui ils veulent, congédient qui ils veulent et administrent leur propre budget.
M. Arsenault s'est vite placé sur la défensive. Une tension palpable est apparue dès les premières minutes avec la procureure chef de la commission Sonia LeBel, qui l'interroge. Insatisfaite de ses réponses, qu'elle trouvait trop longues, elle lui a demandé si elle devait quitter pour aller prendre un café et revenir tantôt.
M. Arsenault lui a demandé d'être poli avec lui comme il l'était avec elle.
Me LeBel lui a alors carrément demandé si la FTQ était «une super machine de lobbyisme».
Il a concédé qu'à titre de président d'une centrale de 600 000 membres, il lui arrivait de discuter avec le premier ministre et des ministres, comme les présidents des autres centrales syndicales, mais il a soutenu qu'il perdrait l'écoute dont il peut bénéficier s'il était constamment dans le bureau des ministres.
Il s'est par ailleurs porté à la défense du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, dont il a également été le président du conseil d'administration, lorsqu'il était président de la FTQ.
«'If it ain't broken, don't fix it', comme disent les Anglais. Le Fonds, ça va bien. On est capable d'améliorer les processus à l'interne», a-t-il lancé, rappelant que le Fonds a déjà revu ses règles de gouvernance en 2009, lorsque divers problèmes ont été soulevés.
«Notre bulletin est bon, pas parfait, mais pas pire.»
Il a souligné que le Fonds avait réussi à maintenir ou créer 500 000 emplois depuis sa création en 1983. Il dit croire que «pour que le Fonds continue à fonctionner», il doit y avoir une majorité de membres de la FTQ au sein du conseil d'administration.
Me LeBel a tenté en vain de lui faire dire qu'il y avait un risque de conflit d'intérêts dans le fait qu'il ait porté «les deux chapeaux», à savoir président de la FTQ et président du c.a. du Fonds de solidarité. M. Arsenault a refusé de répondre, affirmant qu'à la FTQ, «il n'y a pas de belle-mère» et qu'il appartient à son successeur, Daniel Boyer, de décider si la structure doit être changée. «Cette réponse est entre les mains de mon successeur», a-t-il répliqué.
Plus de détails à venir.