Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard

Pas question de renégocier les hausses consenties aux médecins

Philippe Couillard ne reviendra pas sur la signature de l'État: pas question de renégocier le milliard de dollars d'augmentations consenti aux médecins pour les deux prochaines années.
Contrairement au Parti québécois qui veut étaler les hausses prévues dans les dernières années de l'entente 2009-2016 signée par le gouvernement Charest, le chef libéral ne veut pas s'embarquer dans un bras-de-fer avec ses 18 000 confrères et consoeurs.
Dans son dernier budget, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait émis le souhait d'étaler sur un plus grand nombre d'années les augmentations prévues, environ 500 millions $ par année, pour 2014-2015 et 2015-2016, en raison des difficultés financières et de la capacité de payer des contribuables.
M. Couillard a écarté une telle solution dans une conférence de presse à Trois-Rivières mardi matin. «Je ne reviens pas sur la signature de l'État. Je respecte les institutions. L'État québécois a signé.»
Cependant, il veut discuter avec les médecins de certains moyens pour améliorer les services.
Les ententes prévoient que les 18 000 médecins omnipraticiens et spécialistes auront droit, au total, à une enveloppe de rémunération majorée de près de 50 pour cent entre 2009 et 2016.
M. Couillard a aussi annoncé mardi une initiative destinée à désengorger le système de santé du Québec.
Un gouvernement libéral compte ainsi embaucher 2000 infirmières praticiennes, aussi appelées «superinfirmières». Ces dernières, qui sont détentrices d'une maîtrise, peuvent poser un diagnostic.
Or, on n'en compterait qu'une centaine actuellement dans le réseau de la santé du Québec.
L'annonce à été faite dans un hôtel de Trois-Rivières en présence de l'équipe de santé de M. Couillard, complétée par Gaétan Barrette et Yves Bolduc.
Le Parti libéral s'est par ailleurs engagé à réviser en profondeur le mode de financement du réseau de la santé et à diminuer la bureaucratie.
Les libéraux envisagent ainsi de procéder, dès la première année d'un mandat, à une révision du mode de financement des établissements de santé dans le but de favoriser une augmentation du volume d'activités dans différents secteurs.
Cette réforme du financement sera basée sur le volume de soins donnés par l'établissement de même que sur la productivité, et elle prendra en considération la qualité des services offerts et le suivi du patient.
Le nouveau mode de financement sera étendu dans tous les établissements et toutes les régions et sera largement implanté en 2017.
M. Couillard s'est également engagé à diminuer la lourdeur bureaucratique du réseau de la santé en exigeant notamment de chaque établissement qu'ils déposent un plan de réduction de la bureaucratie de 10 pour cent sur trois ans.
Enfin, les libéraux proposent de créer 50 «super-cliniques» à travers le Québec et d'offrir un accès rehaussé à la résonance magnétique, au scan et à l'échographie.