Le président mexicain Enrique Pena Nieto (à gauche) et Stephen Harper.

Pas question d'annuler les visas pour les Mexicains, dit Harper

Le premier ministre Stephen Harper n'apportera pas au Mexique les nouvelles désirées par son homologue mexicain, pas plus qu'il n'en recevra de la part du président américain Barack Obama, alors que le sommet des «Trois Amigos» débutera cette semaine.
Des responsables ont confirmé que M. Harper n'annoncera pas la fin de la controversée imposition de visa de voyage pour les Mexicains - une omission qui fera du déplacement gouvernemental «un désastre aux importantes proportions», affirme un analyste, qui conseille le gouvernement mexicain.
M. Harper peut de son côté s'attendre à ne pas obtenir de concessions sur un important grain de sable dans l'engrenage des relations entre Washington et Ottawa: la décision américaine toujours attendue à propos du projet d'oléoduc Keystone XL, qui doit transporter du pétrole des sables bitumineux albertains vers les raffineries texanes.
Le choix sera fait en temps et lieu, dit-on du côté de la Maison-Blanche.
Au milieu de tout cela, on retrouve le président mexicain Enrique Pena Nieto, qui désire démontrer la prospérité croissante de son pays tout en tentant de relancer la relation trilatérale à l'aide des nouvelles richesses énergétiques des trois nations.
Avant l'arrivée de M. Obama, M. Pena Nieto accueillera M. Harper pour une visite bilatérale séparée à partir de lundi, mais leur tête-à-tête n'entraînera pas la levée de l'obligation, en vigueur depuis 2009, de détenir un visa pour voyager au Canada, afin d'éviter les fausses demandes d'asile.
Selon Carlo Dade, ce visa vient saper le thème principal des «Trois Amigos», soit le renforcement des liens économiques.
Le Canada a levé une obligation similaire pour la République tchèque après la conclusion d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne, souligne M. Dade. D'autres groupes économiques ailleurs dans le monde, y compris l'Alliance du Pacifique, sont des zones sans visas ou des politiques de voyage uniformisées pour permettre la libre-circulation des gens, et il n'y a donc pas de raison pourquoi cela ne pourrait pas être le cas pour l'Amérique du Nord, dit-il.