Jason Spezza, sur la photo d'équipe des Sénateurs en compagnie du dg Bryan Murray (à gauche) et du propriétaire Eugene Melnyk. Sa saison d'apprentissage à titre de capitaine n'a pas été facile.

Pas facile pour MacLean et Spezza sans «Alfie»

Comme Voldemort dans les livres de Harry Potter, il y avait un nom qu'il ne fallait pas prononcer hier au Coffre d'outils, même si son ombre aura plané sur toute la saison des Sénateurs d'Ottawa.
Quand j'ai demandé à Paul MacLean hier si le départ de Daniel Alfredsson pour Detroit l'été dernier avait sorti toute son organisation de sa zone de confort, il a donné une bonne réponse sans prononcer le nom de celui qui a signé un contrat avec les Red Wings parce qu'ils lui offraient une meilleure chance de gagner la coupe Stanley. Pari qu'il a gagné vu que son club affrontera les Bruins de Boston en première ronde des séries, quoique ce ne sera pas de la tarte pour eux.
«Quand vous vivez un changement de 'leadership', il va y avoir une période où c'est un peu instable et nous avons traversé ça. En même temps, Jason (Spezza) n'a peut-être pas eu la saison souhaitée comme capitaine, c'est évident, mais il était capitaine pour la première fois et je crois qu'il a beaucoup appris de cette expérience. Remplacer quelqu'un qui avait été là pendant 17 ans, c'est difficile. Ça ne se fait pas en un an seulement, ça va prendre du temps. Ça fait partie du processus pour bâtir un club d'élite, nous allons avoir besoin d'un meilleur 'leadership', mais pas juste de Jason, Chris Phillips et Chris Neil, de tout le monde», a rétorqué MacLean.
Celui-ci a eu l'air moins à l'aise devant les médias toute la saison, et à l'écouter parler hier, il semble bien aussi qu'il n'était pas le même homme qui avait fait des miracles à ses deux premières campagnes.
Pas assez bon
«Je n'ai pas été assez bon. Il y a beaucoup de blâmes à partager, mais il y en a beaucoup qui me revient. Mon travail comme entraîneur-chef est de trouver des solutions», a-t-il dit, avouant «avoir peur chaque jour» pour son emploi dans la LNH tandis qu'il refusait de dire avoir été victime d'une quelconque «malédiction du Jack-Adams».
Je l'ai écrit la semaine dernière, je ne pense pas qu'un congédiement d'entraîneur est la solution aux problèmes affichés cette saison par les Sénateurs. Paul MacLean était quand même un génie qui a tiré le maximum de ses troupes lors de ses deux premières campagnes.
Plusieurs joueurs ont réitéré hier que le message passait toujours bien entre le personnel d'entraîneurs et eux. «Je pense que nous aurions dû être meilleurs dans la chambre, c'est aux joueurs d'être plus responsables», a noté Clarke MacArthur.
«Les gars le respectent et veulent jouer pour lui. Il n'y a pas de problème dans ce département», renchérissait le meilleur joueur de l'équipe, Erik Karlsson, qui a réitéré hier qu'il n'était pas rétabli à 100 % de sa déchirure du tendon d'Achilles de l'an passé.
Un changement de capitaine serait certes un électro-choc tout aussi grand, après celui de l'été passé. MacLean l'a bien dit, Spezza va probablement être un meilleur meneur d'hommes après avoir traversé cette saison difficile. Plusieurs pensent que le moment est venu pour Bryan Murray de l'échanger cet été, mais moi je pense plutôt que ce dernier va tenter de prolonger son contrat, auquel il reste une saison, de quelques années.
«C'est une saison décevante, mais je pense avoir beaucoup appris. C'est différent de devenir un capitaine, je pense que j'étais prêt pour ça... Je pense être un meilleur leader qu'en début d'année», notait d'ailleurs Spezza, qui ne se dit pas fatigué d'être la cible de critiques dans la capitale.
Des changements s'imposent quand même et le d.g. Murray ainsi que le propriétaire Eugene Melnyk devraient donner aujourd'hui une meilleure idée de l'avenir immédiat de MacLean et Spezza, tandis qu'à l'écouter hier, Ales Hemsky attendra au 1er juillet pour décider du sien.
Personnellement, pour donner un choc à ce club, j'irais dans une autre direction et j'échangerais Chris Neil, un des grands coupables quand Paul MacLean parlait de joueurs qui ont fait preuve d'indiscipline tout au long de cette campagne (Il a été le deuxième dans la LNH avec ses 211 minutes au cachot).