Notre chroniqueur Marc Brassard, a eu l'occasion de montrer son «savoir-faire» en hockey luge.

Pas facile le hockey luge

Il faut toujours finir ce qu'on a commencé.
Vous vous en souvenez peut-être, j'avais profité du dernier lock-out dans la LNH pour essayer différentes activités sportives, une série que j'avais intitulée «les 12 travaux de Gump».
Sauf qu'une fois ce conflit de travail réglé, le rythme fou de l'actualité a repris son cours et je n'ai pas réussi à me rendre jusqu'au bout de ma bucket listde sports à essayer avant que mon corps ne me le permette plus. Je m'étais arrêté après neuf «épreuves», soit conduire une Zamboni, faire du yoga, du spinning, du vélo de montagne et du canot de long parcours, en plus de pratiquer avec les hockeyeurs professionnels de la région, de participer au Défi à l'entreprise, de faire un programme double ski alpin/golf la même journée et de capter les tirs du lanceur Phillippe Aumont.
Avant d'enlever le droit à l'ami Denis Gratton de m'appeler «Gump» lors de notre défi de golf ce printemps (il n'y en a pas eu l'an dernier), je me suis dit qu'il faudrait bien en finir avec ces travaux.
L'opportunité d'en faire un 10e s'est présentée en fin de semaine dans le cadre du 10e tournoi annuel de Hockey sur luge de l'est ontarien, présenté au Complexe récréatif Goulbourn de Stittsville, qui a attiré des équipes de Canton et Long Island, New York, ainsi que du Vermont et de Laval, en plus des formations locales.
Un match de «célébrités» avait été organisé dimanche matin afin de donner la chance à quelques invités de se familiariser avec ce sport paralympique, au contact de quelques anciens de l'équipe nationale du Canada, comme Hervé Lord et Angelo Gavillucci.
C'est ainsi que je me suis retrouvé sur la patinoire, assez confortablement assis sur une luge munie de deux lames tout en portant l'équipement presque complet d'un joueur de hockey, patins en moins.
Se démener pour avancer
Premier constat une fois qu'on est bien assis: il faut se démener quand même pas mal pour avancer, en se propulsant avec les deux petits bâtons de hockey munis de pics au bout. Deuxième constat pendant la période de réchauffement: une fois que tu réussis à prendre possession d'une rondelle, il n'est pas évident de prendre un bon tir, ou de se déplacer tout en conservant le contrôle de la rondelle.
Lorsque le match se met en branle, je me retrouve à jouer à la défense aux côtés de Lord, membre d'Équipe Canada pendant 19 saisons, jusqu'à sa retraite il y a quatre ans. À 56 ans, il a beau ne jouer que pour le plaisir maintenant, tout en étant entraîneur de l'équipe canadienne de relève, cet amputé de la jambe droite était évidemment un joueur dominant parmi un groupe de néophytes. Mettons qu'il couvrait toutes les erreurs de positionnement de son partenaire d'un jour.
Mon objectif lors du match était bien simple: essayer de toucher à la rondelle au moins une fois. Ce que j'ai réussi à faire dès ma première présence à part ça, renvoyant le disque dans le coin alors qu'il est arrivé vers moi alors que j'étais à la ligne bleue.
Mon équipe était plus forte que l'autre en début de rencontre, prenant les devants 6-0 avant quelques échanges pour équilibrer les forces. C'était plus difficile par la suite, mais j'ai quand même obtenu une passe sur notre dernier but, envoyant un rapide coéquipier en échappée pour faire 7-1. J'ai bien essayé d'appuyer une autre attaque à un moment donné, mais en arrivant au filet, j'ai perdu l'équilibre. Sachez qu'il n'est pas facile de se relever dans ce temps-là, on se sent comme Humpty Dumpty tombé de son mur.
En troisième période, notre gardien qui avait été peu occupé a quitté. Qui donc s'est porté volontaire pour le remplacer? Vous l'avez deviné, l'auteur de ces lignes, qui portait déjà son masque vu que l'équipement emprunté à un ami pour l'occasion comportait un casque beaucoup trop petit.
Sachez que mon taux d'efficacité comme gardien de hockey-luge est de 1,000, alors que j'ai repoussé les trois seuls tirs dirigés vers ma cage, dont un assez dangereux arrêté... avec la luge. Je peux prendre ma retraite de ce sport au sommet, quoi.
Alors, Hervé Lord, qu'est-ce que tu as pensé de ma performance? «Tu as beaucoup de travail à faire», a-t-il rétorqué en riant une fois rentré au vestiaire.
Si vous aimeriez à votre tour faire l'essai de ce sport où les «non-handicapés» sont aussi les bienvenus, sachez qu'il y aura une séance d'initiation dans le cadre de la Coupe Dodge féminine, dimanche vers les 13h30 au Complexe Branchaud-Brière de Gatineau. Les intéressés doivent obligatoirement s'inscrire auprès de Karine Côté, de Parasports Québec, en la contactant au kcote@parasportsquebec.com ou au 514-252-3108 poste 3828.
L'ami Jean Labonté, ancien capitaine d'Équipe Canada, sera présent pour l'occasion.
Dernière note au sujet du hockey-luge, le tournoi du week-end a été remporté par les Barbares d'Orléans, dirigés par le Paralympien Marc Dorion, qui n'a pas pu participer au match des célébrités étant donné qu'il a besoin d'être opéré à une épaule.