Le ministre responsable de la région de la capitale, John Baird, juge qu'il n'est pas nécessaire pour les maires d'ici d'avoir voix au chapitre des décisions de la CCN.

Pas de siège pour les maires à la CCN, dit Baird

«Non.» Le message du ministre John Baird est limpide : les maires Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin n'obtiendront pas les sièges qu'ils demandent au conseil d'administration de la Commission de la capitale nationale (CCN).
Peu importe leurs revendications. Peu importe celles des députés provinciaux et fédéraux de la région. Le ministre responsable de la région de la capitale juge qu'il n'est pas nécessaire pour les maires d'ici d'avoir voix au chapitre des décisions de la CCN. 
Lundi, dans une missive adressée au premier ministre du Canada, les cinq députés libéraux provinciaux de la région de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, Maryse Gaudreault, Charlotte L'Écuyer, Marc Carrière et Alexandre Iracà ont demandé la modernisation de la société d'État, «en permettant aux deux principales villes concernées de nommer chacune un représentant qui siégera au conseil d'administration de cette entité». La semaine dernière, les députés du NPD de la région avaient fait de même. La chambre de commerce de Gatineau et la conférence régionale des élus de l'Outaouais ont également emboîté le pas. 
Ils donnaient ainsi suite aux revendications des maires des deux villes, lassés d'avoir à se battre avec l'agence fédérale dans des dossiers comme le prolongement vers l'ouest du train léger d'OC Transpo, ou encore la fermeture de la rue Gamelin à Gatineau. 
Cet apparent consensus régional n'intimide pas John Baird. La CCN a un boulot à faire et s'en tire plutôt bien, dit-il. 
«La CCN a un mandat et des responsabilités importantes (pour) notre capitale nationale. [...] C'est inévitable qu'il y ait des désaccords de temps à autre. Nous ne sommes pas intéressés par ces disputes politiques. Toutes les personnes impliquées sont raisonnables. Tout le monde peut s'entendre.»
Ces propos s'apparentent à ceux tenus la semaine dernière par le président de la CCN, Russell Mills, et le premier dirigeant par intérim, Jean-François Trépanier.
Nommé lundi, le nouveau premier dirigeant de l'agence, Mark Kristmanson, s'en est lui aussi tenu à des propos semblables. «Évidemment, c'est mon premier jour dans ce rôle. La seule chose que je peux dire c'est que je vais travailler de façon collaborative avec ces maires et travailler afin d'avoir des résultats positifs pour la région.»
En entrevue, le maire de Gatineau a estimé lundi que le ministre Baird devait revenir sur sa décision. «On a l'appui de tous les élus régionaux, fédéraux, provinciaux, et on attend des nouvelles du gouvernement du Québec. Ce n'est pas un problème de personnalité, c'est un problème de relations adéquates. La CCN doit reconnaître qu'on doit faire un meilleur compromis entre la mission pancadienne de la CCN et les intérêts locaux. Les villes d'Ottawa et de Gatineau ne se sentent pas écoutées, respectées.»