Papier Masson: le paiement des retraités retardé

Malgré une entente de principe survenue en janvier entre le syndicat Unifor et le consortium Black Diamond-White Birch, les retraités de Papier Masson doivent une fois de plus prendre leur mal en patience. Une récente décision rendue par la Cour supérieure du Québec dans l'affaire Timminco retarde l'envoi des chèques de pension aux 175 retraités de l'usine de Gatineau.
Dans un arrêt rendu le 24 janvier en lien avec le dossier de faillite de la société ontarienne de fabrication de silicium, le juge Robert Mongeon a établi un rang prioritaire des créanciers à être remboursés en matière de régimes de retraite différent de celui qui avait été décidé en avril 2012 dans le dossier White Birch.
Dans une requête envoyée le 14 février dernier, Black Diamond-White Birch demande au juge Mongeon de clarifier sa décision afin de voir si le jugement rendu dans l'affaire Timminco est applicable à son cas. Le consortium refuse de poursuivre le processus de remboursement des prestations de retraite des anciens employés tant que le juge n'aura pas donné suite à cette demande.
Si le magistrat donnait l'aval à l'injonction de l'entreprise, une somme d'environ 20 millions de dollars devrait être partagée au prorata des sept régimes syndiqués et non syndiqués des usines de Rivière-du-Loup, Québec et Gatineau. La solvabilité des régimes augmenterait nécessairement.
« Pour les employés syndiqués, cela ne changerait rien puisque la compensation serait réduite d'un montant égal à celui versé dans le régime de retraite. Ça ne changerait rien pour nous. Mais pour le personnel non syndiqué qui n'a reçu aucune offre pour le moment, on parle d'un enjeu majeur », explique Richard Lahaie, président de la section locale d'Unifor pour l'usine de Masson.
Encore quelques semaines
La cause sera entendue à la fin mars par le juge, ce qui signifie que les chèques de prestations de retraite se feront encore attendre pendant au moins quelques semaines. Rappelons que les retraités de White Birch voient leurs rentes amputées de 55 % depuis décembre 2012.
M. Lahaie soutient qu'il s'agit encore là d'un stratagème de l'entreprise afin de ne pas payer les anciens travailleurs. « La compagnie a encore trouvé une façon de ne pas payer. White Birch se cache derrière une décision du juge pour retarder le processus de paiement. C'est très frustrant parce qu'on était sur le point de conclure le dossier. Nous avons une entente de principe et le juge aurait pu refuser la demande de la compagnie, mais il a accepté. Ça vient compliquer et retarder les choses. »
Un groupe d'avocats travaille depuis le 17 février afin de renverser la requête de Black Diamond-White Birch. « On ne sait pas encore combien de temps ça prendra avant que nos retraités aient leur argent », souligne M. Lahaie.
Selon l'entente de principe survenue il y a un peu plus d'un mois entre Unifor et la papetière, les retraités devraient obtenir 90 % de leurs prestations déterminées dès que le dossier sera clos. L'argent sera versé rétroactivement en date du 1er décembre 2012.