Ouvre, de Maurane

Pour ceux qui l'ont déjà écoutée, impossible de ne pas reconnaître la voix de Maurane entre mille.
Elle revient, lumineuse, dans ce recueil de nouvelles chansons très personnelles. Son timbre n'a pas changé, porté par un optimisme requinqué. L'écriture s'immisce dans les territoires du rêve et de l'intime, dans une forme d'acceptation sereine.
Dire que cet album est celui de la maturité serait une facile figure de style. Mais, de fait, il y a dans Ouvre une plénitude et une sensualité inaccoutumées: une chanson rassurante pour sa fille (Je voudrais tout te dire (Lou)), une autre - dansante - sur la mort (Sous ces yeux), un dernier titre bien assumé sur la dictature de la minceur (Trop forte), Maurane s'enfuit avec grâce, s'envole avec lucidité.
Le plaisir, l'ivresse des sentiments, les aléas inéluctables (touchante Elle oublie en duo avec Bernard Lavilliers), sont servis par une voix en pleine forme. S'impose in fine l'envie de toucher un large public sans compromissions.