Bien qu'elle s'oppose pour l'instant la désignation, l'Université d'Ottawa soutient avoir accompli des pas de géant dans les dernières années pour accorder aux francophones la place qui leur revient au sein de l'institution.

«Nous posons des gestes concrets» - François Houle

Quoi qu'en disent des membres du corps professoral, des associations estudiantines ou des étudiants eux-mêmes, rien n'est à craindre concernant l'avenir du français à l'Université d'Ottawa, soutient le vice-recteur aux études, François Houle, dans une lettre publiée ce matin dans nos pages.
«Les acquis des francophones à l'Université d'Ottawa sont bien protégés et nous comptons poursuivre le développement de programmes et de services adaptés aux besoins de la communauté francophone de l'Ontario. Notre engagement envers la francophonie n'est pas que symbolique. Nous posons des gestes concrets», écrit-il, un peu plus d'une semaine après que LeDroit eut révélé l'objection du recteur et des vice-recteurs à toute désignation en vertu de la Loi sur les services en français de l'Ontario (LSF).
Cette déclaration survenait le jour où une poignée d'étudiants ont annoncé avoir formulé près de soixante plaintes relatives aux services et à l'affichage en français à l'Université.
M. Houle soutient dans la lettre «ne pas encore avoir décidé» de demander la désignation en vertu de la LSF. La semaine dernière, en entrevue, il avait plutôt indiqué avoir rejeté une telle proposition.
Pas de géant
Bien qu'elle s'oppose pour l'instant la désignation, l'Université d'Ottawa soutient avoir accompli des pas de géant dans les dernières années pour accorder aux francophones la place qui leur revient au sein de l'institution. «Malgré les propos malheureux qui laissent entendre que nous voulons nous soustraire à nos obligations, nos actions montrent plutôt que notre engagement envers la communauté est indéfectible», écrit M. Houle.
Parmi les objectifs du plan stratégique de l'Université dévoilé en octobre figure l'ambition de faire passer la clientèle francophone de 31,6% à 33% d'ici 2015. Quitte à fermer la porte à certains étudiants anglophones.
Rappelons que «l'université canadienne» dispose d'un avis juridique préparé par l'ex-juge de la Cour suprême Michel Bastarache prônant une désignation partielle jumelée d'une démarche visant à faire amender la Loi 8 pour en clarifier la portée et la modifier à certains égards. Les programmes et services les plus visibles et utilisés de la maison d'enseignement auraient été les premiers à être touchés, en attendant que des modifications législatives permettent une désignation complète.