Wesli présentera son spectacle à Ottawa et à Gatineau les 6 et 7 février.

Musique du monde... entourée de monde

Wesli Louissaint, alias Wesli, vient partager avec le public d'Ottawa-Gatineau ses rythmes caribéens métissés. Le guitariste sera de passage au Centre national des arts, jeudi, avant de récidiver à La Basoche d'Aylmer, le lendemain.
Sa tournée La liberté dans le noir s'achève, et le Montréalais aux origines haïtiennes met les touches finales à son prochain album. Ou ses prochains, plutôt, car Wesli lancera coup sur coup deux disques, au printemps. Enregistrés «avec des musiciens qui viennent de partout»: Haïti, Afrique, Canada. Sur scène, il donnera un avant-goût des chansons à venir.
La création collective, c'est non seulement son habitude de travail, mais une hygiène de vie. «Ça fait partie du concept Wesli», explique le chanteur qui, sur son précédent album, faisait participer Mes Aïeux, Radio Radio, Paul Cargnello et l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly. «La musique, pour moi, ça se fait en communauté. Je ne mange pas tout seul, je ne vis pas tout seul dans ma maison. [...] Je veux partager avec les nombreux artistes qui m'entourent, explorer avec eux. [...] La musique est une forme de générosité. Quand on est bien là-dedans, on donne en grande quantité.» D'ailleurs, en spectacle, «on dépasse l'heure, souvent», rigole-t-il.
Avec ses collaborateurs, «on a essayé de trouver un nouveau son», dit le Caribéen, qui définit sa musique comme du «reggae-afrobeat-rock-world». Une étiquette à rallonge qu'assume très bien ce «trippeux de musique». «Je suis fasciné par les différents rythmes et les nouvelles façons de faire», dit l'artiste, qui est aussi réalisateur de ses albums. «Arrivé au studio, c'est free for all. On quitte notre zone de confort. On cherche. J'aime l'expression 'aller chercher'.» Ça complique les définitions de style, «mais tout ça c'est pour l'amour de la musique!» concède-t-il en rigolant.
Sur scène, le Wesli Band peut évoluer aussi bien à huit qu'en trio - c'est à ce format réduit qu'on aura droit, jeudi et vendredi. Les deux albums témoigneront de ces deux facettes. Il y aura «un album acoustique [...] pour donner la sensation du show en trio», dévoile-t-il. Sur le second, on retrouvera le Wesli Band au grand complet.
«J'ai beaucoup de choses à dire sur ce que je suis, en ce moment. Je suis très inspiré par la musique et par la vie en général. Par mon engagement social. Par ma communauté», dit-il. Le terme, dans sa bouche, évoque autant les Haïtiens de Montréal, que la «communauté caribéenne et la société québécoise qui m'a reçu».
«Engagement social»
Wesli débarque alors que s'amorce le Mois de l'histoire des Noirs (MHN) au Québec. «Ça me parle.» Pas seulement parce qu'il a été honoré par la table ronde du MHN en 2012 (parmi les douze lauréats figurait aussi l'auteur Gatinois Edem Awumey). «Je trouve que c'est une bonne façon pour que ma communauté s'exprime, dans tous les domaines. Pendant un mois, [les médias sont] focusés sur notre culture et notre manière de vivre, sur les nouvelles têtes du talent noir. C'est vraiment important que ma communauté grandisse, et [qu'on montre] les bonnes choses qui sont faites dans ce pays qui nous a reçus à bras ouverts.»
Enfant, Wesley Toussaint a «vécu beaucoup de choses très difficiles en Haïti». Sa toute première guitare, il l'a construite avec du fil de pêche et de vieux bidons de plastique. Il avait huit ans. Aujourd'hui, il en possède douze. Mais «sa vieille guitare», sauvée par son frère, qui l'a extirpée des gravats de la maison familiale détruite lors du séisme, le musicien entend bien la ramener à Montréal. «Pour jouer avec sur scène, il faudrait que je trouve une amplification très moderne, car elle avait été amplifiée avec de vieux transistors. Mais je vais trouver une solution. J'ai un plan pour cette guitare.»
Parce qu'il a connu la misère, sa musique «est un contraste de soleil et de sujets chauds». «Je suis un gars de party, mais au-delà des rythmes et de la danse, on trouve des sujets très engagés, socialement. Je ne veux pas dire 'politisés', mais pourquoi pas, [s'il s'agit de] défendre notre droit et notre manière de vivre? Je suis au service de ma société et de ma communauté. La politique, c'est pas l'économie ou les banques, ce sont les gens. Dans ma musique, je mets beaucoup l'emphase sur notre force sociale.»
POUR Y ALLER :
OÙ? Centre national des arts
QUAND? 6 février, à 19h30
RENSEIGNEMENTS? 1-888-991-2787;
www.ticketmaster.ca
QUAND? 7 février, 20h
OÙ? La Basoche
RENSEIGNEMENTS? 819-243-8000;
www.ovation.qc.ca