Joanne Cain veut mettre sur pied la Fondation Bernard-Cain pour offrir un service personnalisé à la mémoire de son père qui est décédé il y a cinq ans.

Mourir à la maison

Bernard Cain est décédé à l'âge de 64 ans d'un cancer foudroyant qui ne lui a laissé aucune chance. Un jour, cet Aylmerois débordait de santé. Et le lendemain, un médecin lui apprenait qu'il ne lui restait que 18 mois à vivre.
C'était en février 2009, il y a un peu plus de cinq ans. Et M. Cain n'avait qu'un dernier souhait: mourir à la maison auprès de son épouse, Pauline, et de ses deux filles.
«Il n'était pas question pour lui de mourir à l'hôpital, se souvient sa fille, Joanne Cain. Mon père nous a toujours dit: 'quand je vais mourir, je ne veux pas que vous vous assoyez devant moi et pleurer. Prenez plutôt un bon verre de Drambuie et je serai bien heureux'. Et c'est ce qu'on a fait. À 4 h du matin.
«Quand il a appris qu'il était atteint du cancer et qu'il nous a dit qu'il voulait mourir à la maison, j'ai pris neuf mois de congé pour en prendre soin avec ma mère», d'ajouter Mme Cain.
Cette dernière est infirmière auxiliaire depuis 2002. Et durant son congé pour accompagner son père jusqu'à son départ, une idée a germé dans sans tête. Celle de créer une fondation qui faciliterait l'accès aux soins palliatifs à domicile. Des soins axés sur le respect, la compassion et la qualité aux personnes en phase terminale.
Ce service existe depuis plusieurs années du côté d'Ottawa. À Montréal, c'est la Fondation Jacques-Bouchard qui offre ce service aux gens qui le demandent.
Mais à Gatineau et en Outaouais: rien. Oui, il y a l'indispensable Maison Mathieu-Froment-Savoie où une personne peut finir ses jours paisiblement. Mais aucun organisme peut aider une personne à réaliser son dernier souhait de terminer ses jours chez elle auprès des siens.
Joanne Cain veut pallier à ce manque flagrant en Outaouais.
«Selon les statistiques recueillies par la Fondation Jacques-Bouchard, 87% des gens choisiraient de mourir à domicile s'ils le pouvaient, dit-elle. C'est triste d'entendre les gens me dire: «mon père aurait tellement voulu faire comme ton père et mourir auprès de siens». C'est triste d'entendre ça parce que ces gens doivent vivre après avec le fait qu'ils n'aient pu offrir à un être proche son dernier désir.»
La Fondation Bernard-Cain
Joanne Cain a démissionné de son poste d'infirmière il y a deux ans pour se consacrer entièrement et bénévolement à la création de la Fondation Bernard-Cain.
«J'ai démissionné il y a deux ans mais ça fait quatre ans que je travaille sur la création de cette fondation, dit-elle. J'ai obtenu tous les enregistrements nécessaires, et j'ai un contrat d'entente avec le CLSC pour que des préposés aux bénéficiaires soient disponibles pour offrir de l'aide à domicile aux aidants naturels. Et il y aura aussi des bénévoles qui seront disponibles. J'ai discuté souvent avec Caroline Bouchard, l'épouse de Jacques Bouchard qui a créé la Fondation Jacques-Bouchard, à Montréal, et elle m'a donné tous les outils nécessaires. Elle a été d'une aide précieuse. Donc si tout va bien, nous devrions être en mesure de commencer à offrir nos services en juillet.
«Et je ne veux rien enlever aux soins palliatifs des hôpitaux, ni à la Maison Mathieu-Froment-Savoie, précise-t-elle. Notre but n'est pas de couper l'herbe sous le pied de la Maison Mathieu-Froment-Savoie, c'est celui d'aider les gens qui n'ont pas accès à ces services-là, ou qui préfèrent autre chose. Et dans notre cas, ce sera un service plus personnalisé offert aux gens à même leur résidence entourés de leurs proches.»
Souper bénéfice
Il reste toutefois un «petit» détail à régler pour que la Fondation Bernard-Cain voit le jour. Soit celui de trouver les fonds nécessaires à son lancement.
Joanne Cain vise la somme approximative de 50000$ pour pouvoir démarrer son projet. Et elle peut déjà compter sur un don de 30000$ offert par sa mère. Mais il manque des sous pour la création de la fondation, ainsi que pour assurer son roulement et sa survie.
Samedi prochain, le 3 mai, la Fondation Bernard-Cain organise sa première activité de financement en invitant les gens à un souper bénéfice au Club de golf Kingsway, du secteur Aylmer.
«Cette cause affecte beaucoup d'entre nous et nous voulons aider autant de familles que possible qui ont le même désir que mon père, affirme Joanne Cain. De laisser un proche mourir avec nous est un cadeau qu'on lui fait.»
Pour obtenir des billets au souper bénéfice de samedi, communiquez avec Joanne Cain au 819-639-7633. Ou encore avec son conjoint (et son mari à compter du 10 mai prochain) Denis Poitras au 819-743-3416.
(M. Poitras organise aussi un tournoi de golf qui se déroulera en septembre, toujours aux profits de la Fondation Bernard-Cain. Les détails restent à venir).
«Ce sera une belle soirée, samedi, dit Mme Cain. Un souper trois services sera offert, la soirée sera animée par Guy Leblanc des Galeries d'Aylmer, il y aura un encan silencieux. Et ce sera suivi par une soirée dansante avec le groupe Eddy and the Stingrays et des chansons des années1950 et1960. Ce sera amusant.»
Et ce sera pour une très bonne cause, aurait-elle pu ajouter.