Morning Phase, de Beck

Beck, qui arpente en caméléon le tortueux chemin de l'exploration musicale depuis plus de 20 ans, prend une vraie grosse pause.
Son 12e album studio, Morning Phase, au calme introspectif, est le poème lyrique et symphonique d'un aède absorbé dans la contemplation de l'aube: on s'y assoit, on respire et on laisse son esprit divaguer en regardant l'azur et sa infinie variation de teintes. Tout en gratouillant la guitare? Non. Du moins pas sur le mode folk-roots. Quoique certains sons lapsteel ou d'harmonicas, sur Country Down notamment, visitent les ambiances rurales d'un jeune Neil Young; d'autres (Turn Away) évoqueront Simon & Garfunkel. À l'oreille, c'est un retour à l'époque de Sea Change. Beck retrouve d'ailleurs ici nombre des musiciens de 2002. 
Reste qu'on est transportés - absorbés - par la douceur des harmonies, la profondeur de l'orchestration, les subtils crescendos des cordes (22, parfois) ou les vacillements de la voix.