Sean Monahan

Monahan a mis toutes les chances de son bord

Au camp d'entraînement, en septembre, Bob Hartley avait devant lui deux beaux espoirs issus de sa région natale. Le premier était le centre vedette des 67's d'Ottawa. L'autre évoluait de l'autre côté de la rivière, chez les Olympiques de Gatineau.
Au terme du calendrier préparatoire, certains observateurs avaient l'air de croire que le Québécois était en avance.
«Non. Émile Poirier n'était pas prêt physiquement, tranche l'entraîneur. Il a quand même beaucoup appris au camp. Ça lui a peut-être même servi de wake-up call
Les Flames ont décidé de miser sur l'Ontarien Sean Monahan. Ce dernier a marqué 18 buts à ses 55 premières parties. Parmi les joueurs de son âge, seul le prodige Nathan MacKinnon a touché la cible plus souvent que lui depuis le début de la saison.
«Monahan, c'est une machine», s'exclame le coach.
La maturité d'un gars de 30 ans
«C'est un kid de 19 ans qui affiche la maturité d'un homme de 30 ans. Il a le don d'assimiler ce qu'on lui dit très rapidement. Tu n'as jamais besoin de lui répéter une directive. Il comprend tout du premier coup.»
Hartley fait alors une confidence. Parmi les 54 joueurs qui ont pris part au camp des Flames, Monahan s'est classé parmi les cinq meilleurs lors des tests de conditionnement physique.
«Quand un kid junior se fait drafter, les mois qui suivent sont déterminants. Son entourage, ses chums, son agent, ses parents et les p'tites filles lui répètent constamment qu'il est beau et qu'il est bon.
«Certains finissent par s'imaginer qu'ils auront une passe gratuite vers la Ligue nationale. Monahan, lui, ne s'est pas raconté d'histoires. Il a mis toutes les chances de son bord en se présentant au camp en grande forme. Surtout, il a su conserver le rythme tout au long de la saison.»
«Tous les joueurs d'âge junior devraient s'inspirer de lui.»