Mike Ward passera une partie de l'été à Gatineau, au Cégep de l'Outaouais.

Mike Ward, mordant à souhait

« Ce soir, c'est une première médiatique. On dit toujours qu'on est en rodage à cette étape-ci mais, en vérité, le matériel est testé depuis un bout.  Cela dit, s'il y a des jokes qui ne marchent pas, je vais les vendre à Mario Jean. »
Et voilà, c'est parti, il en décroche une à ses acolytes, et c'est comme ça qu'on l'aime Mike Ward. Chien, vous dites ? En spectacle tout l'été au Cégep de l'Outaouais, vous êtes conviés à l'apprivoiser. 
Décapant, corrosif, facile, mordant, trash, grinçant, cru, irrévérencieux, vulgaire, grossier, il collectionne tous les épithètes... pour le moins négatifs. Et si on passait à un autre appel ? Mike Ward, faut-il le rappeler, est celui qui, durant l'affaire Gab Roy et Dieudonné, a revendiqué le droit de parole au nom de la liberté d'expression. Que l'on soit d'accord ou non, il a le mérite d'avoir toujours annoncé ses couleurs. Haut et fort. 
Toutefois, le temps est venu où il faut arrêter de prendre au premier degré celui qui, à chacune de ses entrevues dans les médias, nous offre souvent un discours qui tranche avec la rumeur qui le précède. Hier, Mike Ward nous a renvoyé en plein visage nos moindres failles et travers. Ça fait mal. Et comme dirait Yvon Deschamps, « c'est pas parce qu'on rit que c'est drôle. »
D'emblée, il se moquera des « Claude Dubois » à la « face orange », vieillie, qui se « tapent des petites jeunes de 20 ans ». À ceux-là, et ces filles qui dansent la même danse, il leur enverra une droite, une gauche, un uppercut, tous les coups seront permis pour les mettre K.-O. Et pour les alcooliques, les racistes, ceux qui veulent « renvoyer » les anglais et les femmes voilées dans leur pays, ou encore les pédophiles, il leur réservera le même traitement impitoyable. 
Souvent, il partira de sa propre histoire pour créer un numéro, se moquant de lui-même, pour ensuite frapper sur le dénominateur commun. 
Une mécanique bien huilée. Méprisant et odieux il sera envers les trisomiques, les vieillards et les autistes. N'est-ce pas là le miroir de notre propre société, de notre comportement envers ces derniers ? 
Le rythme est absolument affolant. Mike Ward est-t-il branché sur une bombonne d'oxygène invisible ? Sans reprendre son souffle, il enfile les blagues, les anecdotes et les phrases assassines à la perfection, ne perdant jamais le fil de ses idées. Impressionnant.
Jusqu'à la fin de son séjour en Outaouais, la première partie de son spectacle sera confiée à un humoriste invité. Cette semaine, Jean-Thomas Jobin, qui manie l'absurde avec finesse, a rempli sa mission avec brio. « Quand j'entends un commentateur sportif prononcer le nom de Bouillon, est ce que je suis le seul à ajouter « de poulet » à la fin ? Ça y est, un ver d'oreille est né, plus jamais nous ne pourrons écouter un match de hockey de la même façon. 
Décidément, l'été s'annonce franchement mordant avec Mike Ward et son nouveau spectacle Chien.