Micheline Lachance s'amène au Salon du livre de l'Outaouais avec tout le «clan des Papineau» et une bonne partie de l'histoire de la région

Micheline Lachance renoue avec le clan des Papineau

Micheline Lachance lui a consacré «une bonne douzaine d'années de [s] a vie et plus de 2000 pages». Il ne faut donc pas s'étonner que l'invitée d'honneur débarque au 35e Salon du livre de l'Outaouais avec «tout le clan Papineau» avec elle.
L'auteure du Roman de Julie Papineau confie avoir été «la première surprise» de reprendre le collier pour parler de cette famille dont les racines s'étendent jusqu'à Montebello, et qui n'avait vraisemblablement «pas fini de [la] hanter».
Mais voilà, en «tombant» sur les mémoires inédits d'Amédée (1819-1903), l'aîné des enfants de Louis-Joseph Papineau et de Julie Bruneau, il y a deux ans, Micheline Lachance a découvert certains «secrets de famille» qui ont titillé sa curiosité et sa plume.
«Plus encore, c'est en prenant connaissance de l'enquête qu'Amédée a menée sur les répercussions de la Rébellion au cours de son exil aux États-Unis que j'ai compris que je n'avais pas encore tout écrit sur eux. Sans le savoir, en prenant ses premières notes sur des feuilles volantes qu'il cachait dans ses bas, Amédée se préparait à signer le document le plus intéressant pour comprendre comment les gens ont vécu les événements et l'ampleur des représailles qui ont suivi.»
Et l'écrivaine de citer les pillages, viols et villages incendiés. «Quand on voit des choses comme ça, on pense que ça se passe seulement dans des pays barbares. Pourtant, ça s'est passé ici! C'est renversant qu'on ne sache rien de tous ces faits. En histoire, seule la vérité compte, ce qui veut dire que nos échecs font autant de notre histoire que nos victoires.»
Ainsi, elle propose aujourd'hui La Saga des Papineau, un récit de près de 600 pages qui se base sur lesdits mémoires du dernier seigneur de Montebello.
Un récit, insiste-t-elle, car, contrairement au Roman de Julie Papineau, «il n'est pas une ligne de ce livre qui ne trouve sa source dans le journal et la correspondance d'Amédée, avec son père, sa mère, ses frères et ses enfants, ou encore dans les lettres de ses contemporains».
Si elle avait créé des scènes dans Le Roman de Julie Papineau, elle n'a cette fois rien cédé à l'imaginaire. «Si je décris le moment où Amédée se retrouve au chevet de son père mourant, je le fais à partir des compte rendus écrits sur ce moment. Je n'ai rien inventé.»
L'exercice a exigé une lecture croisée des plus serrées de la correspondance d'Amédée Papineau.
«En comparant les lettres échangées, j'ai pu sentir la complicité qui unissait le père et le fils, mais aussi constater leurs divergences d'opinions, par exemple sur l'abolition de l'esclavage aux États-Unis.»
Ces recoupements lui aussi fait voir «le rapport presque malsain» que l'aîné du patriote a développé avec l'argent. «Rendue là dans mes lectures, je l'aimais moins, mon Amédée! Il est presque devenu avare en vieillisant, ce qui l'a rendu mesquin avec son entourage.»
Et que dire de son deuxième mariage, à 77 ans, avec sa fille adoptive Martha Jane Curren, rebaptisée Iona Papineau, de plus de 50 ans sa cadette? Voire de sa mort, suspecte?
«Il nous en préparait toute une, de fin, n'est-ce pas! s'exclame Micheline Lachance. D'ailleurs, on peut se demander si les deux enfants de sa deuxième épouse étaient vraiment les siens... Les tests d'ADN n'existaient évidemment pas, à l'époque, mais ni les Papineau, ni les Bourassa [la famille du mari d'Azélie, la soeur d'Amédée] n'ont reconnu Lafayette et Angelita comme des héritiers.»
Micheline Lachance sera présente au SLO du 27 février au 2 mars.