Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Médicaments génériques: Québec lancera un appel d'offres pour réduire les coûts

Le principe de base en économie, selon lequel le marché génère toujours le plus bas prix possible, n'opère pas dans le monde «particulier» du médicament, a dénoncé, mercredi, le ministre de la Santé Gaétan Barrette.
Les Québécois paient encore trop cher les médicaments génériques, a-t-il dit.
Le ministre - qui lancera un appel d'offres pour approvisionner le régime public d'assurance médicaments - a rappelé la théorie de la «main invisible» de l'économiste Adam Smith: l'ensemble des actions individuelles des acteurs économiques, guidées par l'intérêt personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun.
Manifestement, la main invisible ne fonctionne pas dans certains marchés, dont celui du médicament, a-t-il martelé.
M. Barrette promet depuis des mois de s'attaquer au coût des médicaments génériques. Il a déclaré, mercredi, que son lien de confiance avec l'industrie pharmaceutique avait été ébranlé.
Dans une lettre, il a invité le Bureau de la concurrence à «surveiller» le processus d'appel d'offres, puisque souvent, les prix des médicaments génériques sont «très similaires à d'autres, ce qui est très étonnant», selon le ministre, qui n'est pas allé jusqu'à accuser les compagnies pharmaceutiques de collusion.
L'année dernière, les pharmaciens et l'industrie pharmaceutique avaient critiqué le projet de loi 81 qui permet au gouvernement de lancer des appels d'offres pour l'approvisionnement en médicaments génériques.
Les fabricants de médicaments comme Pro Doc - propriété de Jean Coutu - craignent une érosion de leurs profits si d'autres distributeurs sont en mesure de décrocher des contrats exclusifs d'approvisionnement.