Les 124 travailleurs ont été placés en lock-out par l'employeur à la mi-décembre. Depuis, rien n'a bougé dans le conflit entre les deux parties.

Manifestation aux abords du casino de l'hippodrome Rideau-Carleton

Même à quelques heures du Nouvel an, la grogne est loin de s'estomper chez 125 employés de la Société des loteries et des jeux de l'Ontario (SJLO) du casino de l'hippodrome Rideau Carleton d'Ottawa, en lock-out depuis le 16 décembre.
Plutôt que de célébrer avec leurs proches, bon nombre d'entre eux ont manifesté devant l'établissement du chemin Albion pendant quelques heures jeudi soir, perturbant quelque peu les activités de la maison de jeu pour qui il s'agit de l'une des journées les plus achalandées et lucratives de l'année.
Drapeaux à la main et dossards sur le dos, plus d'une cinquantaine de protestataires ont ralenti l'entrée des automobilistes dans le stationnement du casino, prenant le temps de les sensibiliser à leurs revendications et leur offrant de signer une pétition. Ils souhaitaient montrer au grand jour ce qu'ils qualifient «d'attitude anti-travailleurs» de la part de la SJLO.
«Notre objectif était de ralentir les opérations afin d'avoir un impact économique et de pouvoir expliquer le conflit de travail à la population. Les gens ont dû faire preuve de patience, mais la majorité d'entre eux semblaient favorables à notre cause», a expliqué le porte-parole de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Alroy Fonseca.
Alors que le salaire des employés touchés est gelé depuis 2009, la partie patronale a proposé que leur rémunération soit gelée pour les deux premières années de la prochaine convention collective, en plus de supprimer les dispositions sur le régime de retraite.
Les travailleurs ont rejeté l'offre patronale dans une proportion de 96 %, ce à quoi l'employeur a répliqué en décrétant un lock-out. Les négociations perdurent depuis plus d'un an et demi.
La partie syndicale, qui exigeait des hausses salariales de 3% par an pendant trois ans afin que ses membres puissent avoir un rattrapage équivalent à l'augmentation du coût de la vie depuis six ans, se dit prête à mettre de l'eau dans son vin en abaissant ses cibles, mais pas à n'importe quel prix.
Le conflit de travail touche entre autres des préposés au stationnement, à l'entretien ou aux machines à sous, ainsi que des caissiers et des techniciens aux machines à sous.
L'AFPC, qui déplore l'attitude de fermeture de la SLJO, ne compte pas lâcher le morceau dans les prochaines semaines pour forcer l'employeur à revenir à la table de négociation.
«De plus en plus, on va mettre de la pression au niveau politique, par exemple sur la première ministre Kathleen Wynne. On a déjà interpellé plusieurs députés de la région à ce sujet», affirme M. Fonseca.