L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a rendu hommage à Jean Chrétien.

Maison francophone de Toronto: l'hommage à Chrétien rapporte gros

Deux semaines se sont écoulées depuis l'hommage à Jean Chrétien tenu à Toronto, auquel a participé tout le gratin politique du pays. L'événement a permis d'amasser plus de 100 000 $ au profit de la Maison de la francophonie. Plus que jamais, la communauté franco-torontoise s'approche de son rêve de construire, en plein centre-ville, un centre qui accueillera tous les services lui étant destinés.
Adversaires politiques, anciens premiers ministres, gens d'affaires et militants étaient réunis dans la Ville-Reine le 21 janvier dernier afin de rendre hommage à l'ancien premier ministre Jean Chrétien, qui a eu 80 ans dix jours plus tôt.
La cérémonie, animée en partie par l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest, s'est déroulée à guichets fermés. Plus de 700 personnes ont répondu à l'invitation, dont le billet coûtait 400 dollars. Les dons amassés ont été versés à la Maison de la francophonie de Toronto, à la demande de M. Chrétien.
«C'était notre première levée de fonds, explique Richard Kempler, administrateur de la Maison de la Francophonie. L'objectif était double : c'était important financièrement, oui, mais surtout en terme de visibilité, de sensibilisation. Tout le monde est persuadé de la nécessité de la Maison.»
Voilà plusieurs années que le projet est en branle. La Maison devait ouvrir en 2012, puis en 2013. Mais cette fois-ci est la bonne, jure M. Kempler. L'ouverture pourrait survenir en 2015. Coût du projet: 25 millions $.
L'intérêt marqué du Collège Boréal à devenir le principal locataire de l'édifice permet d'accélérer les choses. La vocation du centre est de louer l'espace restant à d'autres organismes francophones, à des prix inférieurs à ceux du marché. Et de créer un centre, un point d'ancrage de la communauté francophone de Toronto, estimée à 60 000 personnes.  
«Ce sera une destination unique. Un réflexe: j'ai besoin d'un renseignement ou d'un service, je vais voir la Maison francophone», résume M. Kempler.
Santé, éducation, culture, aide à l'intégration des immigrants : la Maison souhaite ratisser large.
«Nous avons aujourd'hui deux options: construire sur un terrain vierge, livré avant 2020, ou, acquérir un édifice existant qui permettrait d'avoir une présence significative à Toronto d'ici 2015, soit avant les Jeux panaméricains et le 400e du passage de Champlain en sol ontarien.»
Les deux tiers du financement du projet devraient venir d'un prêt hypothécaire. L'autre de subventions publiques, pour la plupart provinciales, ajoute M. Kempler.
«On parle d'un projet de 80 000 pi 2, dont au moins la moitié pour Boréal. Ça nous permet de garantir le financement hypothécaire, d'avoir un projet concret et de se présenter devant la province et le comité consultatif de la ville de Toronto et possiblement Patrimoine canadien. »
«Plus on a de subventions, et plus on pourra louer aux associations à but non lucratif.»
Toronto attire de plus en plus d'immigrants originaires de pays francophones. D'après les projections du gouvernement provincial, d'ici 10 ans, le Centre-sud-ouest de l'Ontario pourrait devenir la région à plus forte croissance francophone.