L'honorable Madeleine Meilleur.

Madeleine Meilleur nommée Procureure générale

Au moment où des rumeurs d'élections planent sur l'Ontario, un remaniement ministériel à Queen's Park a permis mardi à la députée d'Ottawa-Vanier Madeleine Meilleur de devenir la seconde femme et, de surcroît, la première francophone de l'histoire à être nommée au prestigieux poste de Procureure générale de la province.
La première ministre Kathleen Wynne a été forcée d'apporter ces changements à son cabinet à la suite de la démission de la ministre des Affaires municipales et du Logement, Linda Jeffrey. Celle-ci a aussi délaissé son poste de députée, car elle s'est lancée dans la course à la mairie de Brampton en vue des élections municipales du 27 octobre prochain.
Si elle conserve le portefeuille des Affaires francophones, Madeleine Meilleur a toutefois dû délaisser ses fonctions au ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, à la tête duquel elle était depuis l'automne 2011. Le sort en a voulu que c'est son collègue d'Ottawa-Centre, Yaser Naqvi, qui prendra sa relève à ce ministère, lui qui était auparavant ministre du Travail. C'est Kevin Flynn qui hérite de ce dernier portefeuille.
Le député d'Ottawa-Ouest-Nepean, Bob Chiarelli, demeure quant à lui au cabinet à titre de ministre de l'Énergie.
Contactée par LeDroit en fin de journée mardi, Mme Meilleur n'a pas nié être un peu sous le choc de sa nomination, près de 11 ans après son élection comme députée.
« Quand la première ministre m'a demandé si je voulais ce portefeuille-là [mardi] matin, j'étais très surprise et ne m'y attendais pas du tout. En même temps, j'étais très flattée. Chaque avocat politicien rêve d'occuper cette fonction. D'un autre côté, je suis un peu peinée d'abandonner un ministère, c'est un peu comme si j'abandonnais mes enfants », a-t-elle confié.
À titre de Procureure générale, elle prendra le relais de John Gerretsen, nommé président du conseil des ministres.
Madeleine Meilleur n'hésite pas à dire qu'il s'agit pour elle d'une immense fierté à la fois pour la communauté franco-ontarienne et pour les femmes d'accéder à ce poste convoité. « C'est un poste qui a beaucoup de visibilité, alors ça va permettre de montrer au reste du pays qu'il y a une communauté francophone vibrante en Ontario et qu'elle est bien perçue. Nous sommes égaux aux anglophones », dit-elle.
Quant à savoir à quels dossiers elle compte s'attaquer dans les plus brefs délais, la nouvelle Procureure générale estime qu'il est prématuré de s'avancer avec une réponse.
« J'ai rencontré les membres du comité exécutif du ministère en après-midi. Je vais attendre d'être briefée. Mais je connais déjà un peu les enjeux, car nous sommes sous la gouverne de la justice », a-t-elle lancé, précisant que dans ses anciennes fonctions, elle prenait parfois la relève de M. Gerretsen en l'absence de celui-ci en Chambre, et vice-versa.
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario n'a pas tardé mardi à réagir à l'annonce de la nomination de Mme Meilleur.
« En devenant la première Procureure générale d'origine francophone, Mme Meilleur fait honneur aux 611 500 francophones de l'Ontario. Sa nomination démontre une nouvelle fois la contribution exceptionnelle, le leadership et le dévouement des Franco-Ontariens au développement de leur province », a indiqué le président Denis Vaillancourt.
Rumeurs d'élections
Soutenant que le remaniement ministériel n'est pas une manoeuvre électoraliste au contraire de ce que l'opposition prétend, Madeleine Meilleur ne nie pas que des élections pourraient être déclenchées à tout moment ce printemps, les libéraux étant minoritaires à l'Assemblée législative.
« C'est difficile à dire, on ne peut pas se renverser nous-mêmes. Notre avenir est entre les mains du NPD, car les conservateurs veulent des élections depuis le tout premier jour après les élections de 2011. [...] On continue à gérer, on a été élus pour ça. La première ministre Wynne a le vent dans les voiles », répond-t-elle.