Frank-Etienne vers la béatitude, avec Gérard Depardieu.

L'Outaouais voit grand pour le court

Pour qui veut connaître le Xavier Dolan de demain, prendre le pouls de la production cinématographique version courte, ou tout simplement s'adonner au plaisir de la cinéphilie, le Festival international du court métrage en Outaouais (FICMO) est tout indiqué.
Pour sa seconde édition du 14 au 21 mars, sont programmés 50 films retenus par le comité défricheur du festival, «sachant qu'au préalable nous en avions reçu 220 du monde entier, une grande partie de France mais aussi d'Afrique, de Nouvelle-Zélande, des Amériques», détaille Ghislain Simard, fondateur et directeur du FICMO.
Quasiment disparus des écrans de cinéma, lesquels n'éprouvent plus le besoin d'en diffuser en ouverture de séance, les courts métrages trouvent encore une petite place lors de festivals.
D'ailleurs, l'engouement pour ce genre ne se dément pas: cette année, le nombre de demandes pour participer au FICMO a doublé, les organisateurs ayant pourtant limité la diffusion de l'appel à candidatures.
Dans des styles et des longueurs différents, on découvrira notamment Gérard Depardieu en piètre agent commercial donner la réplique à une Marina Foïs, maîtresse en détresse (Frank-Étienne vers la Béatitude). Ou encore Nicolas Desfossés, acteur d'ici, incarner le fils tétraplégique dans le drame intimiste Look up, son.
La diversité en compétition
Même si la majorité des jeunes réalisateurs considère l'expérience comme un simple tremplin vers le long, le court-métrage est d'abord une affaire de passion: humour, férocité, tendresse, dérision ont émaillé la sélection proposée en projection de presse mercredi matin.
Les 50 réalisations retenues se grefferont ainsi à la programmation du Festival du film de l'Outaouais: les films de moins de deuxheures présentés par le FFO seront précédés d'un court-métrage.
À l'issue de chaque projection, les spectateurs sont invités à désigner leur court coup de coeur.
Une soirée spéciale organisée mercredi prochain sous la présidence du producteur Luc Déry dévoilera le lauréat de la catégorie «Coup de coeur du public», ainsi que ceux du «Meilleur court métrage», «Meilleur court métrage tourné en Outaouais», «Coup de coeur du jury», et nouveauté de cette édition, «Meilleur court-métrage d'animation».
Élargir les horizons
Promouvoir les jeunes talents, donner envie à des cinéphiles de se lancer dans la réalisation de courts métrages et rendre à cette forme de cinéma la visibilité qu'elle a perdue, telle est la volonté qui préside aux opérations du FICMO. «À terme, nous souhaiterions que le festival devienne une plateforme cinématographique qui attire les spectateurs mais aussi les producteurs et cinéastes du monde entier», espère M. Simard qui envisage de déplacer l'événement durant la période estivale.
Une semaine de projections ne sera jamais trop longue pour qui aime le court dans toute sa diversité.