L'Outaouais reste rouge

Le Parti libéral du Québec (PLQ) conserve sa mainmise sur l'Outaouais, une histoire qui se répète sans interruption dans la région depuis maintenant 33 ans.
En avril 1981, les électeurs des circonscriptions de Hull et de Chapleau remerciaient, après un seul mandat, les deux députés péquistes qui avaient causé la surprise en 1976, Jocelyne Ouellette et Jean Alfred. Depuis, aucune autre formation politique n'a réussi à modifier le paysage électoral de l'Outaouais. Les libéraux y sont réélus sans interruption. La soirée électorale de lundi est loin de faire exception. 
Tous les députés libéraux sortants ont été réélus avec des majorités supérieures à 50 %. Le nouveau venu dans l'équipe libérale de la région, André Fortin, qui remplacera Charlotte L'Écuyer dans Pontiac, a été élu pour une première fois avec 76 % du suffrage. L'Outaouais fait ainsi un retour au pouvoir après avoir passé, avec ses députés, 18 mois dans le purgatoire de l'opposition. 
Le suspense électoral offert par la circonscription de Papineau, en 2012; la plus chaude lutte en trois décennies dans la région ne s'est pas répétée. Le député libéral sortant Alexandre Iracà, qui l'avait emporté par une mince majorité de 167 voix en 2012, a été le premier candidat libéral dont la réélection a été confirmée lundi soir. Son adversaire péquiste, Jean-François Primeau, n'a cette fois récolté que 24,6 % du suffrage. 
Ce dernier avait affirmé, en milieu de campagne, avoir la certitude que sa chef, Pauline Marois, allait venir en Outaouais pour fouetter les troupes. Le souhait de M. Primeau ne s'est pas réalisé. La caravane péquiste ne s'est jamais approchée de la région, concentrant sa stratégie sur des régions où le parti croyait avoir plus de chances de l'emporter. 
Alexandre Iracà a quant à lui pu bénéficier de la visite de son chef. Philippe Couillard s'est fait attendre jusqu'à la toute fin de la campagne, mais il est finalement venu rallier les partisans libéraux de la région lors d'une courte visite dans Papineau. 
Hull
Le quatrième affrontement entre la libérale Maryse Gaudreault et le péquiste Gilles Aubé, dans la circonscription de Hull, s'est cette fois soldé par une cuisante défaite du Parti québécois (PQ). Le médecin de famille, qui avait réussi à s'approcher à un peu plus de 2400 voix de son adversaire libérale en 2012, n'a récolté que 21,9 % du suffrage lundi. Mme Gaudreault, dont la majorité fondait d'élection en élection depuis 2008, retournera sur les banquettes de l'Assemblée nationale pour un autre mandat, forte d'une écrasante majorité de plus de 10 500 voix, soit 55,5 % des voix. 
Québec solidaire n'a pas trop souffert de l'absence du candidat vedette dans Hull, Bill Clennett. Le candidat solidaire dans Hull, Benoît Renaud a obtenu le meilleur résultat de son parti dans cette circonscription en recueillant 10,6 % du suffrage. 
La CAQ trébuche
Si la Coalition avenir Québec a amélioré son sort à l'échelle du Québec, c'est tout le contraire en Outaouais où le parti de François Legault a offert une moins bonne performance dans chacune des cinq circonscriptions de la région. Le résultat n'est pas très surprenant, considérant que certains candidats de la CAQ dans la région n'avaient aucune organisation digne de ce nom et ont été laissés à eux-mêmes par le parti. Carl Pelletier, candidat dans Chapleau, n'avait même pas réussi à se trouver un local électoral. Le chef caquiste n'a pas visité la région et n'a donné aucune entrevue aux médias de la région. 
Une faculté satellite de médecine
L'Outaouais devrait ressortir de cette campagne électorale plus riche d'une faculté satellite de médecine de l'Université McGill à Gatineau et pourvue d'un statut particulier pour l'enseignement supérieur. Ces deux éléments ont été les engagements phares des candidats libéraux dans la région. Ainsi, le gouvernement libéral, s'il tient sa promesse, devra investir une vingtaine de millions $ afin de construire un pavillon des sciences médicales devant servir à former des médecins dans la région dès 2016.