L'Outaouais mobilisée

On veut bien espérer, comme l'affirme le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, que l'Outaouais «est mobilisée», qu'elle «est debout», qu'elle «veut augmenter sa force politique».
Les retards historiques de la région - en éducation, santé, infrastructures routières et autres - témoignent de notre impuissance politique à Québec. Inutile d'assigner des blâmes, l'exercice serait futile... et ne changerait rien aux résultats du scrutin du 7 avril.
Pour obtenir les redressements requis, et certains ont un caractère d'urgence, les forces vives de la région doivent s'entendre sur une vision d'avenir, établir des priorités, les exprimer de façon cohérente.
L'intervention, jeudi, d'un groupe de dirigeants des milieux scolaires, d'établissements de santé, du secteur municipal et du tourisme constitue une solide première étape.
Leur unité, encore plus que le contenu prévisible de leurs demandes, modifie le ton du message de l'Outaouais, le raffermit. Pour réussir, cependant, ils devront aussi s'assurer de l'appui et de la complicité de leurs concitoyens, qu'il faudra associer à la démarche.
Ils pourront s'inspirer de l'exemple de l'ACESO (Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais), depuis trois ans chef d'orchestre d'une lutte sans répit contre la pénurie d'offre postsecondaire qui incite plus de 2500 étudiants de l'Outaouais à étudier en Ontario.
Véritable bougie d'allumage, l'organisme a su rallier plus d'une centaine d'institutions, d'organismes et d'individus qui se joindront maintenant à un effort élargi de mobilisation sur tous les fronts.
La présence active du maire de Gatineau à cette coalition régionale revêt une grande importance. M. Pedneaud-Jobin a la prestance voulue pour faire comprendre à l'ensemble des Québécois que Gatineau n'est pas un bled quelconque au bout d'une demi-autoroute aboutissant aux ponts vers Ottawa, mais la quatrième ville en importance du Québec, une de ses principales portes d'entrée, ville-soeur de la capitale fédérale et bastion francophone d'une zone urbaine interprovinciale de 1200000 habitants.
Cela confère au coeur urbain de l'Outaouais des défis bien particuliers à relever, notamment en enseignement supérieur et en santé.
Avec l'engagement de la Conférence régionale des élus (CREO) et de Tourisme Outaouais, entre autres, le terreau sera fertile pour l'éclosion d'une vision de développement coordonné dans tous les secteurs - Pontiac, Haute-Gatineau, Lièvre, Petite-Nation - ainsi qu'un éveil aux possibilités offertes par l'emplacement stratégique de l'Outaouais à proximité de l'Abitibi-Témiscamingue, des Laurentides et de la métropole.
Si Québec peut trouver des milliards de dollars pour un Plan Nord, notre région pourrait fort bien plaider en faveur des avantages d'un Plan Ouest.
L'Outaouais a parlé d'une voix forte, cette semaine. Il faudra maintenant passer à l'action avec autant de force.