Denis Normand-Hamelin a berné un jeune couple en le faisait payer indûment un montant mensuel tout en transformant leur vie en un épisode misérable sans eau ni électricité.
Denis Normand-Hamelin a berné un jeune couple en le faisait payer indûment un montant mensuel tout en transformant leur vie en un épisode misérable sans eau ni électricité.

Locataire et «faux propriétaire», il est enfin accusé de fraude

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Un locataire qui fait le cauchemar des propriétaires de logements de l'Outaouais doit répondre à deux nouveaux chefs d'accusation de fraude parce qu'il ne payait pas et aurait fourni de fausses informations à ses victimes.
Denis Normand-Hamelin, bien connu dans le milieu, a commencé à faire parler de lui à l'hiver 2013, lorsqu'un résident de Gatineau l'a dénoncé dans LeDroit. M. Normand s'était fait passer pour le propriétaire d'un logement de la rue Jacques-Cartier et exigeait l'argent du loyer aux résidents de l'endroit, qui croyaient avoir affaire au propriétaire légitime.
Denis Normand avait berné le jeune couple, en le faisant payer indûment un montant mensuel tout en transformant leur vie en un épisode misérable sans eau et sans électricité.
Le vrai propriétaire avait lui aussi été berné par cet homme. Denis Normand lui devait plusieurs mois de loyer. D'ailleurs, plusieurs propriétaires attendent toujours d'être payés par cet homme.
Il a fallu l'intervention de la police, des plaintes en série auprès de la Ville, et des démarches auprès de la Régie du logement pour que ces jeunes résidents puissent finalement boire de l'eau du robinet. Le couple a pu ensuite se trouver un autre logement.
Ces derniers, mois, M. Normand a fait l'objet d'autres reportages à la télévision. On l'a aperçu dans des échanges peu conviviaux avec des journalistes l'ayant confronté à l'une ou l'autre de ses résidences.
En moins de quatre ans, il a été sanctionné à au moins cinq reprises par la Régie du logement du Québec.
Finalement, le ministère public l'a accusé au criminel.
On lui reproche entre autres d'avoir menti sur son occupation et ses revenus afin de signer un bail pour obtenir un autre logement.
Depuis 2010, M. Normand fait tout pour vivre gratuitement, sans payer les propriétaires.
Bénéficiant d'une désignation de la cour, M. Normand était absent, lundi. Il était représenté par un avocat de l'aide juridique.
M. Normand était déjà accusé de fraude de moins de 5 000$ dans le dossier du 875, rue Jacques-Cartier, avant le dépôt des deux récentes accusations.
La Couronne a remis un épais dossier de preuves à la défense, lundi matin.
Les deux nouveaux chefs d'accusation concernent des fraudes de 3100$ et de 1980$ à l'endroit de propriétaires de logements.
L'accusé s'est fait connaître sous différents noms, selon ce qui ressort de plusieurs documents présentés devant la régie du logement: Denis Hamelin-Normand, Dany Normand, Denis Normand, utilisant parfois le nom de sa conjointe. 
Le total des réclamations des propriétaires dépasse les 10 000$.