Indépendamment de l'issue des négociations sur les conventions collectives, le gouvernement fédéral ne verra jamais en dollars réels les 900 millions $ d'économies, a fait valoir la présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Debi Daviau.

L'IPFPC choisit la continuité

Contrairement aux Canadiens le soir du 19 octobre, les membres de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) ont choisi la continuité en élisant leur conseil d'administration, samedi.
La majorité des représentants au conseil de l'IPFPC qui cherchaient à obtenir une réélection ont reçu la faveur des membres, incluant la présidente Debi Daviau.
Mais l'élection au c.a. n'était pas la principale source de réjouissance au congrès du syndicat en fin de semaine. Près de trois semaines plus tard, la joie d'une défaite du gouvernement conservateur était toujours palpable dans ce syndicat qui représente de nombreux fonctionnaires.
«Il y a une culture de l'espoir ici, résume Mme Daviau. On a une opportunité de travailler avec un nouveau gouvernement.»
Au centre des discussions à l'assemblée générale de l'IPFPC, la politique mise en place vendredi qui autorise de nouveau aux scientifiques et aux fonctionnaires de parler publiquement de leur travail, notamment aux médias. Selon Debi Daviau, la nouvelle est très bien accueillie par ses membres.
Toutefois, la lune de miel pourrait être de courte durée. Les négociations pour la signature de nouvelles conventions collectives doivent bientôt reprendre et les syndicats de la fonction publique auront l'occasion de voir le véritable visage du gouvernement Trudeau.
Pour la présidente réélue de l'IPFPC, protéger le droit de parole des fonctionnaires en l'inscrivant dans la prochaine convention collective sera une priorité. Elle souhaite aussi mettre fin à ce qu'elle décrit comme un «abus de sous-traitance».
«Il faut également assurer l'intégrité de notre système fiscal et remettre les équipes en place pour aller chercher l'argent des paradis fiscaux», affirme Mme Daviau.
Même si elle demeure vigilante, Debi Daviau croit qu'il y a lieu d'être optimiste face au nouveau gouvernement. Selon elle, le gouvernement de Stephen Harper a nui à la capacité de la fonction publique de livrer des programmes importants pour les Canadiens en plus d'avoir «complètement détérioré» les ressources aux fonctionnaires.
«Nous pensons que nous allons dans la même direction que le gouvernement, qui est d'améliorer la fonction publique pour assurer des bons services pour les Canadiens.»