Pauline Marois a notamment dû s'expliquer en point de presse sur la rencontre survenue entre les enquêteurs de l'UPAC et les dirigeants de son parti en février dernier.

L'intégrité et le financement des partis sous les projecteurs

L'enjeu de l'intégrité et du financement des partis politiques a pris le devant de la scène, mercredi, en ce 22e jour de campagne électorale au Québec.
Après s'être montré hésitant la veille, le chef caquiste, François Legault, a finalement choisi de répondre favorablement à la demande du chef libéral Philippe Couillard - même s'il la trouve exagérée -, en indiquant qu'il rendra publiques dans le détail sa situation financière personnelle et celle de son épouse, incluant sa déclaration de revenus de 2012, ses placements et ses actifs placés ou non en fiducie.
La chef péquiste Pauline Marois, quant à elle, s'en est tenue à sa position de la veille, en refusant de se soumettre à cette demande qu'elle assimile à une forme de voyeurisme.
Alors qu'elle souhaitait parler de ses engagements en matière de culture, Mme Marois a dû s'expliquer en point de presse sur la rencontre survenue entre les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et les dirigeants de son parti en février dernier, en vue d'en apprendre davantage sur le mode de financement du Parti québécois (PQ).
Elle a tenu à faire une distinction très nette entre la visite de l'UPAC au PQ, qui en était une d'échange d'informations, selon elle, et celle de l'UPAC au Parti libéral du Québec (PLQ), qui était en fait une perquisition ordonnée par un juge.
La visite de l'UPAC au PQ n'a pas été divulguée plus tôt à la demande de l'escouade elle-même, et non parce que le PQ voulait cacher la tenue de cette rencontre, a-t-elle indiqué.
Mme Marois a aussi nié les affirmations faites un peu plus tôt par François Legault, selon lequel les ministres du Parti québécois ont des quotas de financement à atteindre chaque année, comme c'était le cas au PLQ. L'ex-ministre péquiste a dit que dans son cas, le quota était de 80 000 $.
Mais selon Mme Marois, le PQ finance ses activités en fixant plutôt des objectifs aux 125 circonscriptions, pas aux seuls ministres. Pour bien accentuer la différence entre sa formation et celle de M. Couillard, elle a soutenu que le financement du PQ était stable, qu'il soit au pouvoir ou pas, tandis que celui du PLQ doublait quand il était au pouvoir.
Par ailleurs, s'il est reporté au pouvoir, le PQ promet de faire prendre un virage numérique au secteur culturel, notamment en assurant le transfert des oeuvres culturelles québécoises sur support numérique.
De son côté, le chef libéral a visité le maire de Montréal, Denis Coderre, tôt en matinée. Il a plaidé ensuite pour une relation «beaucoup plus adulte» entre le gouvernement du Québec et la métropole, se disant prêt à élargir les pouvoirs dévolus au maire de Montréal, s'il est porté au pouvoir.
L'horaire des chefs était allégé mercredi, alors que deux d'entre eux, M. Couillard et Mme Marois, devaient participer en soirée à l'enregistrement de l'émission Tout le monde en parle, qui sera diffusée dimanche, et que tous les leaders doivent se préparer en prévision du débat télévisé de jeudi soir à TVA.