L'humoriste P-A Methot monte sur les planches de la salle Odyssée du 30 juillet au 2 août.

L'humour de résistance de P-A Methot

Si vous sortez d'ici plus intelligents, ce sera vraiment par accident!» Humoriste à la bonhomie souriante, moins soucieux de choquer le public que de provoquer son hilarité, P-A Methot donne d'emblée le ton de son spectacle: pas méchant, ni très engagé, encore moins politisé. Il ne faut pas attendre de son premier stand-up une critique virulente de la société québécoise d'aujourd'hui, ni un portrait au vitriol de ses concitoyens.
Plus gros que nature offre autre chose. Jouant sur un physique «XXL» charismatique, le Gaspésien a choisi de chorégraphier par l'humour les petits travers du quotidien, les pas de côté et autres dérapages incontrôlables. Il nous raconte son parcours, ses ennuis, entre rire et souvenirs. Le tout en deux heures et demie jouées quatre soirs, du 30 juillet au 2 août, à la Salle Odyssée de la Maison de la Culture.
P-A Methot, 40 ans et quelques lunes, est arrivé dans le monde de l'humour par une porte dérobée. «Un accident de parcours», résume-t-il rétrospectivement. Alors étudiant à l'université de Laval, en communication puis en enseignement de l'histoire au secondaire, il participe à des concours universitaires d'humour, juste pour voir. Recalé lors de sa tentative de prestation en solo, il constate amèrement: «Je n'étais même pas classé parmi les trois premiers! Mais l'un des jurés m'a vite repéré puis m'a invité aux Lundis Juste pour rire au Dagobert, à Québec. Là, j'ai eu la piqûre du métier.»
P-A Methot commence alors à se faire un nom. Il se construit au rythme de son époque: de publicités en émissions de TV, de galas humoristiques en spectacles corporatifs, il marque les esprits et son territoire mais n'y croit plus vraiment. «Je gagnais bien ma vie et j'avais renoncé à l'idée de monter mon propre one-man show ; à 40 ans, je ne pensais pas qu'un producteur puisse encore s'intéresser à moi.»
Qu'à cela ne tienne! Séduit par un talent qui mérite bien plus que les animations de bar, l'humoriste Peter Macleod le prend sous son aile et veut faire décoller sa carrière. Il lui propose de jouer en première partie de son spectacle, lequel fera plusieurs fois salle comble en tournée, notamment à Gatineau. «En coulisses, Peter m'a transmis une certaine rigueur professionnelle, surtout de ne pas trop en faire pour concilier carrière et vie privée. Sur scène, j'ai beaucoup appris de son fonctionnement: le stage, c'est à lui et c'est lui qui run
Avec l'humoriste, le tutoiement est de rigueur. Et gare au journaliste qui ne s'y pliera pas dès les premières minutes de conversation, sous peine de coup de canne démonstratif. C'est rire ou châtiment!
Sous la carapace
La verve enthousiaste, le plaisir de blaguer ou de faire sourire, l'art de conjurer le tragique par la satire bon enfant... Autant de manières de peindre la grisaille en couleur et de dissimuler, derrière le masque de l'authenticité et de la proximité avec son public, les inquiétudes d'un observateur qui, dans sa jeunesse, fut complexé et tourmenté.
Il fait connaissance avec la cruauté de l'enfance, les regards et les mots qui frappent, se forge une carapace de grande gueule. «Comme j'étais un peu plus gros que les autres, les filles et le sport ne s'intéressaient pas à moi, il me restait donc les arts!». P-A Methot découvre ainsi l'humour de résistance.
Sur scène, il n'hésite pas, non plus, à évoquer sa bipolarité, «un sujet pour lequel je reçois beaucoup de témoignages de spectateurs», assure-t-il.
«Cela ne signifie pas forcément qu'on dédramatise, je prends simplement une autre avenue pour en parler». Il aborde également ses démêlés avec l'anglais, qu'il dit ne pas maîtriser, et autres points faibles devenus les forces de frappe de son humour.
Des histoires plus ou moins avouables, P-A Methot en compte à satiété. Le fond est inépuisable, promet-il.