L'horizon culturel d'Yves Bergeras

L'année culturelle qui se profile, espère-t-on, saura m'enthousiasmer mieux que ne le fit celle qui détale, non pas infertile, mais toute imbibée des larmes versées pour la liberté d'expression, mise à mal par les velléités d'un terrorisme nouveau genre.
Le Monde d'Avatar, version Cirque du Soleil
Rêve-t-on d'une fuite vers un monde meilleur? La planète sauvage de Pandora (une exo-lune, en «réalité») nous tend les bras... La terre natale des bonhommes bleus - pas les petits Schtroumpfs, mais les grands Na'vis, qu'a mis en scène James Cameron dans Avatar - prendra vie grâce au Cirque du Soleil. Toruk - le premier envol, planera sur le Centre Canadian Tire d'Ottawa du 30 juin au 3 juillet.
La première de ce spectacle écrit et mis en scène par Michel Lemieux et Victor Pilon, originaire de Masham, a eu lieu à Montréal hier. Il semble que les arts circassiens s'y font discrets, au profit des effets spéciaux et, surtout, d'un véritable récit, où le jeu des comédiens prend de toute son importance. Alors on a hâte de voir cette reconversion dramatique du Cirque, autant qu'on est pressé de pouvoir admirer le vol du leonopteryx au-dessus de nos têtes.
La Ruée vers Thomas Hellman
Toujours dans l'optique de concilier art et exotisme, Rêves américains: de la ruée vers l'or à la Grande Crise, spectacle par lequel Thomas Hellman renoue avec le pays de ses origines, est bien alléchant aussi. S'emparant des répertoires blues, folk et gospel, Hellman y égrène contes de famille et légendes de l'Ouest, narre et chante, dans ses mots ou ceux de quelques grands observateurs de leur époque, tels John Steinbeck ou Henri David Thoreau qu'il a traduits. Un show dont Hellman a extrait un premier disque (et non l'inverse) qu'on a adoré, et à partir duquel on s'est déjà fabriqué 1000 images de plaines à conquérir, de mines d'or à défendre et de cavalcades de bisons courant vers leur funeste destin. Les dates de tournée en région n'ont pas encore été annoncées, mais on va surveiller ça de près.
En attendant, on se rabattra sur le duo Heymoonshaker, attendu le 30 janvier à la Salle Jean-Despréz. Leur long-jeu s'appelle Noir. C'est du blues guitare-bouche... avec un beat-boxeur derrière le deuxième micro.
<p>Marie-Nicole Groulx reprend rôle du personnage Yvette Lacroix, fan de Diane Dufresne, dans <i>Maman si tu m'voyais...</i> </p>
Les hauts et les bas d'une fana de Dufresne
On avait bien apprécié le spectacle hommage à Diane Dufresne que Marie-Nicole Groulx avait présenté il y a quelques années, lors d'une des Carte blanche présentée par le Théâtre de l'Île. Dans Maman, si tu m'voyais..., qui prendra l'affiche du 27 janvier au 27 février, la comédienne-chanteuse de Gatineau reprendra son personnage d'Yvette Lacroix, propriétaire d'une buanderie et fan pure et dure de la Diva Dufresne... censée débarquer d'une minute à l'autre pour récupérer un costume. La récente mouture du spectacle a été présentée à la Place des arts de Montréal, en début d'année.
Cinéma et Télé
Au cinéma, le prochain film du Gatinois André Turpin (Un crabe dans la tête) ainsi que Chasse-Galerie: la légende, de Jean-Philippe Duval (Dédé à travers les brumes) nous titillent, mais, avouons-le, pas autant que l'adaptation du Livre de la jungle par Jon Favreau (Iron Man), ou la perspective d'un nouveau Ghostbusters... pour lequel Dan Aykroyd a contribué au scénario.
Au petit écran, j'ai préparé mes valises pour Les Pays d'en haut, sur ICI Radio-Canada. Il me tarde aussi de découvrir l'adaptation qu'AMC a fait de la bande-dessinée Preacher - pas un contrat facile, mais la chaîne a déjoué tous les pronostics lorsqu'elle a adapté The Walking Dead, avec le succès que l'on sait. Dans le même ordre d'idée, vivement la suite du très sombre Daredevil, revu - et corrigé, surtout - par Netflix. Et celle des aventures des agents Scully et Mulder dans leur quête de petits bonhommes verts (ou gris). Une minisérie est attendue fin janvier, sur Fox (et CTV).