L'hôpital de Wakefield se plaint d'être négligé

Les intervenants du secteur de la santé du territoire des Collines ont l'impression d'avoir été complètement abandonnés par le gouvernement depuis l'élection du PQ, il y a 18 mois.
L'urgence de l'Hôpital de Wakefield a été construite pour répondre à 14000 visites par année. L'an passé, ce sont près de 24000 patients qui s'y sont rendus. Les débordements de l'urgence à 300% ne sont pas rares. Près de 40% de la clientèle provient de la Ville de Gatineau. Il s'agit souvent de patients qui croient que l'attente sera moins longue qu'aux urgences de Hull et Gatineau.
Ne disposant pas de technologies de radiographie spécialisée, l'Hôpital de Wakefield est régulièrement dans l'obligation de transférer des patients à Gatineau pour procéder à des examens. Ces patients doivent être transportés en ambulance, accompagnés d'une infirmière.
«Nous étions une priorité pour le gouvernement, rappelle Michel Lafrenière, président du c.a. du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) des Collines. Nous avons eu cinq rencontres avec l'ex-ministre de la Santé, Yves Bolduc. Nos demandes étaient entre les mains des fonctionnaires. Et là, du jour au lendemain, avec l'élection du PQ, nous avons perdu toute l'importance que nous avions aux yeux du ministre. C'est inconcevable.»
En 18 mois, le gouvernement péquiste n'a donné suite à aucune des demandes de rencontres faites par la direction du CSSS des Collines. «Nous ne comprenons pas du tout ce silence de la part du gouvernement, ajoute M. Lafrenière. Nous sommes passés d'un enjeu régional prioritaire à n'avoir aucune importance.»
Aubé «compréhensif»
Le candidat péquiste dans Hull, Gilles Aubé reconnaît les problèmes que rencontre le CSSS des Collines, mais il précise que ce n'est pas très différent de ce qu'on voyait dans les urgences de Hull et Gatineau il n'y a pas si longtemps.
«L'attente aux urgences de Hull et Gatineau a été démesurée pendant des décennies, dit-il. Je sais ce que c'est. Il faut régler le problème de la première ligne et cela passe par la formation de plus de médecins. La faculté satellite est la solution, ce sera la meilleure façon de régler ce type de problème.»
Yves Bolduc s'est pour sa part dit «déçu» que le dossier du CSSS des Collines n'ait pas avancé depuis l'élection du Parti québécois. «Les infrastructures sont à refaire, dit-il. C'est un projet prioritaire pour toute la région. C'est un projet de 20 à 30 millions$. Ce qui se passe là-bas a un impact sur les services dans toute la région. Il faut y voir.»
Mabelanger@ledroit.com