Mme Vallée a l'intention de rencontrer le maire de Gatineau aujourd'hui en plus d'autres représentants du front commun régional.

L'éthique toujours une priorité

L'éthique avait été un thème majeur lors de la campagne électorale de 2012. Le mandat qui venait alors de se terminer avait été marqué par les liens allégués entre le financement politique et l'obtention de contrats de construction. Depuis, les règles ont été resserrées, mais le sujet de l'éthique demeure une priorité pour les partis politiques provinciaux.
La Coalition avenir Québec (CAQ), par exemple, croit que ce qui a été fait au cours des deux derniers mandats n'est toujours pas suffisant, comme l'explique le candidat du parti de François Legault dans Chapleau, Carl Pelletier. «Il faut un remboursement. On veut que tout ce qui a été volé dans les 15 dernières années au Québec revienne aux Québécois.»
La candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Gatineau, Stéphanie Vallée, quant à elle, mise sur les institutions déjà en place pour assurer le respect des lois. L'Unité permanente anti-corruption (UPAC) et la Commission Charbonneau sont des réalisations importantes de sa formation politique en matière de lutte à la corruption, affirme Mme Vallée.
Les Lois 1 et 2 adoptées lors du dernier mandat qui, respectivement, resserrent les règles pour l'attribution de contrats publics et le financement politique rendent la vie difficile aux entreprises qui agissaient de façon illégale, selon le candidat du Parti québécois dans Chapleau, Yves Morin.
«Avec la Loi 10 aussi, on peut maintenant relever de ses fonctions un élu accusé au criminel, on prend les moyens pour être capable d'intervenir.»
Encadrer les municipalités
En Outaouais, l'éthique au palier municipal a fait couler beaucoup d'encre. Le témoignage d'un ingénieur de la firme AECOM à la Commission Charbonneau a mis de la lumière sur un système de collusion entre les firmes de génie pour le partage de contrats publics. La saga du Château Logue à Maniwaki a également attiré beaucoup de regards.
M. Pelletier croit que le cas gatinois aurait été différent si le processus d'appels d'offres publics et qu'on avait mis fin au système du plus bas soumissionnaire. Il ajoute que des règles plus strictes doivent être adoptées pour encadrer le travail des élus. Il se garde toutefois de révéler le plan de la CAQ à cet effet affirmant qu'il sera révélé au cours de la campagne.
Obliger les firmes de génie à obtenir une certification auprès de l'Autorité des marchés financiers avant de soumissionner pour des contrats publics viendra aider les municipalités à choisir des entrepreneurs honnêtes, croit M. Morin. Il souligne d'ailleurs les efforts du nouveau conseil municipal de Gatineau pour être plus transparent.
Pour encadrer les municipalités, Mme Vallée estime que l'adoption obligatoire d'un code d'éthique et de déontologie aide à sensibiliser les élus aux conséquences d'un manquement éthique. «Faire les choses correctement et être guidé par les lois, ce n'est pas compliqué. [...] Si des individus décident malgré toute la législation d'outrepasser ça, ils devront répondre de leurs actes.»
La députée sortante du comté de Gatineau affirme par ailleurs que l'UPAC est là pour rester et qu'elle continuera de procéder à l'arrestation de ceux qui contournent les lois. «L'UPAC, on l'a créée et on a aucune raison [de s'en départir], d'autant plus qu'elle démontre son efficacité. Elle est essentielle.»