L'exposition Gustave Doré. L'imaginaire au pouvoir sera présentée au Musée des beaux-arts du Canada du 13 juin au 14 septembre. L'oeuvre Souvenir de Loh Lomond pourra entre autres y être admirée.

L'été Doré au MBAC

Lancée officiellement hier par son directeur Marc Mayer, la saison 2014 du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) se décline sur le thème de la rétrospective: de l'oeuvre foisonnante de Gustave Doré, en coproduction avec le musée d'Orsay, à Paris. Celles aussi de l'artiste haïda Charles Edenshaw et du peintre abstrait Jack Bush.
Autre moment fort des mois à venir, La Grande Guerre. Le pouvoir d'influence de la photographie à l'affiche fin juin arrive fort à propos en cette année commémorative. Sans oublier les dessins de Ruskin à découvrir dès février, l'exposition Images de l'Arctique à l'aube du xxesiècle en mars et la Biennale canadienne à partir d'octobre. Une programmation riche et diversifiée dont l'exposition Gustave Doré. L'imaginaire au pouvoir constitue l'événement phare le plus attendu. À voir du 13 juin au 14 septembre.
Connu comme l'illustrateur de Rabelais, de la Bible ou encore des fables de La Fontaine, Gustave Doré (1832-1883) a développé un univers prolifique de (grandes) peintures, d'aquarelles, de dessins et même de sculptures. Pourtant, de mémoire de spécialiste, peu a été initié par les musées pour présenter au grand public les multiples talents de cet artiste: «une exposition modeste dans sa ville natale, Strasbourg, pour fêter le centenaire de sa mort, mais plus rien depuis 1983», recense le commissaire de l'exposition à Ottawa, Paul Lang.
L'idée d'une telle rétrospective avait été discutée avec le directeur d'Orsay Guy Cogeval, avant même la nomination de M. Lang au MBAC, en 2011. «Je lui ai parlé des projets d'exposition que j'avais alors pour le Musée des beaux-arts, notamment Delacroix en 2018 et Vigée-Lebrun en 2016», confie M. Lang.
«On a une tradition de montrer des artistes du xixesiècle, poursuit-il mais ce sont surtout des artistes impressionnistes ou qui gravitent autour de l'impressionnisme. Il n'y a pourtant pas que l'impressionnisme, il existe aussi des figures isolées ou totalement singulières du xixesiècle, comme Gustave Doré, absent des rétrospectives». Il rappelle que, de son vivant, l'artiste a connu un plus grand succès dans les pays anglo-saxons, ce qui, à ses yeux, justifie sa présentation à Ottawa.
Le panorama Gustave Doré au MBAC varie sensiblement de celui proposé à Paris: un tiers environ des oeuvres exposées à Ottawa diffère de l'exposition d'Orsay. Pensée en sept thèmes et regroupant une centaine d'oeuvres, la présentation canadienne est structurée autour du prêt de La vigne, un bronze du musée des beaux-arts de San Francisco qui ne voyagera pas vers Paris.
«Ce vase, c'est le résumé de toute son oeuvre, analyse Paul Lang. On y voit la monumentalité, la miniature, l'ascension et la chute».
Si le musée d'Orsay s'est davantage intéressé aux illustrations de Gustave Doré, le MBAC a préféré souligner sa peinture en misant sur les prêts d'oeuvres localisées aux États-Unis et au Canada, moins coûteuses à acheminer et tout aussi intéressantes.
Du MBAC, quatre oeuvres concernant l'Alsacien rejoindront les cimaises de l'exposition. «On possède des dessins et des gravures, mais le but de cette exposition, c'est aussi de faire entrer l'un des grands paysages du peintre dans notre fonds permanent». Les paris sur cette prochaine acquisition sont lancés...
POUR Y ALLER :
OÙ? Musée des beaux-arts du Canada
RENSEIGNEMENTS? 613-990-1985; beaux-arts.ca
mcucchi@ledroit.com