Mario et Rosalie Roy avec leurs trois garçons, Yanick, 9 ans, Hugo, 8 ans, et Laurent, 5 ans, s'envolent pour l'Europe où ils séjourneront pendant un an.

Les voyages forment la jeunesse

Il y a 30 ans, Rosalie Roy et sa famille ont quitté Ottawa pour aller passer un an en Europe.
De terrain de camping en terrain de camping, sans but précis, sans destination préétablie. Un voyage qui leur a permis de visiter 16 pays et de faire des rencontres inoubliables. Rosalie était âgée de cinq ans à l'époque. Et à ce jour, elle en conserve des souvenirs impérissables.
Cette année, elle veut offrir cette expérience à ses trois enfants. Donc mardi prochain, elle et son mari, Mario, quitteront pour une aventure d'un an en Europe avec leurs trois garçons âgés de neuf, huit et cinq ans. Et durant l'année qui suivra, ils se promèneront seulement avec leur sac à dos, de ville en ville, et de pays en pays. «C'est maintenant à mon tour d'offrir à mes enfants cette richesse culturelle qu'est ce voyage, explique Rosalie.
«J'ai tellement de beaux souvenirs du voyage que j'ai fait il y a 30 ans avec mes parents, ma soeur et mon frère, dit-elle. À l'école, durant les années qui ont suivi, quand on apprenait la géographie et l'histoire, je me souvenais d'avoir visité les endroits dont l'enseignant parlait. Il y a plein de choses que j'ai pu retoucher au fil des ans, grâce à ce voyage. Et si j'avais des projets scolaires au primaire et au secondaire, j'utilisais les photos que mon père avait prises dans ces pays. Ce fut une ouverture culturelle extraordinaire. Et je veux que mes enfants aient la chance de vivre une telle aventure.»
La famille Roy atterrira à Londres, mardi prochain. Après avoir visité la ville pendant environ une semaine, ils mettront le cap sur la Belgique. Puis suivront l'Allemagne, le Luxembourg, l'Autriche et la Suisse. Pour enfin arriver à destination en septembre pour un arrêt de six mois dans la commune française de Elne, dans le sud de la France, à une demi-heure de la frontière de l'Espagne.
Pourquoi cet arrêt de plusieurs mois à Elne?
«Pour que les enfants aillent à l'école, répond Mario. Il y a une école là-bas qui les attend. On a communiqué avec le directeur de l'endroit et il était bien heureux. C'est une petite école qui comptera trois élèves de plus en septembre. Nous avons loué une villa de deux chambres à coucher là-bas pour six mois.
- Mais l'année scolaire prend fin en juin, non?
«Oui, répond Rosalie. Mais nous quitterons Elne en février. Nos garçons rateront quelques mois d'école, mais ça ne nous inquiète pas du tout. Ce sont des enfants qui apprennent vite, et au primaire, ce n'est pas dramatique qu'ils manquent quelques mois. Je pense qu'ils en apprendront beaucoup en voyageant.»
«Et on veut que nos enfants se fassent des amis durant ce voyage d'un an, renchérit Mario. On veut les exposer à différentes cultures, différentes langues, différentes moeurs. Rosalie a fait beaucoup de connaissances il y a 30 ans. Et elle communique encore avec certains d'entre eux.»
Ce sera d'ailleurs de belles retrouvailles pour Rosalie. Il y a 30 ans, elle et ses parents avaient séjourné pendant quelques jours chez des gens en Espagne. Ceux-ci sont ensuite venus à leur tour les visiter au Canada. Et lors de leur passage à Madrid, dans quelques mois, Rosalie, Mario et les enfants retourneront séjourner chez ces gens.
«Je m'étais aussi fait une amie âgée de six ans à l'époque, raconte Rosalie. On a gardé contact. C'était avant Facebook, donc on s'écrivait des lettres. Puis on a un peu perdu contact à l'adolescence, on a fait nos vies. Mais on a repris contact sur Facebook. Et nous irons la visiter, elle et ses parents, lors de notre passage en France. C'était chez ces gens que nous avions vécu pendant quelques jours, ma famille et moi. Donc ça fera tout drôle de les revoirs, 30 ans plus tard.»
«On veut aussi rencontrer plein de gens et faire des connaissances au cours de la prochaine année, enchaîne Mario. Durant les six mois que les enfants seront à l'école, on rencontrera nécessairement d'autres familles. Et on veut s'impliquer dans la communauté, peut-être faire un peu de bénévolat à l'école ou ailleurs.
- Et après votre arrêt de six mois en France?
«On reprend la route pour le Portugal, répond Rosalie. Ensuite ce sera l'Italie, peut-être la Grèce aussi. On verra. On sera là, on aura le temps, alors pourquoi pas visiter le plus de pays possible? Je ne veux pas revenir avec des regrets et avec des 'j'aurais dû'.
-Et les enfants ont-ils hâte?
«Ils ont hâte, mais ils ne savent pas vraiment à quoi s'attendre, répond Mario. Ils ont cependant bien hâte de monter dans la Tour Eiffel, ajoute-t-il en riant. Ils ont cependant un peu peur que leurs amis les oublient, qu'ils ne soient plus leurs amis à leur retour. Ce sont des craintes de jeunesse, quoi.»
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Eh bien... il en faut une dose de courage pour entreprendre une telle aventure. La prochaine année en sera sûrement une que Yanick, Hugo et Laurent se souviendront pour le reste de leurs jours. Mario et Rosalie aussi.
Bon voyage, vous cinq!
(Je vous donnerai des nouvelles de la famille Roy de temps en temps, chers lecteurs, au cours de la prochaine année.)